Thèse soutenue

Hantises : Visages du fantastique dans le cinéma de Rainer Werner Fassbinder

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Auteur / Autrice : Tristan Grünberg
Direction : Murielle Gagnebin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études cinématographiques et audiovisuelles
Date : Soutenance le 11/12/2010
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littérature française et comparée (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche Écritures de la modernité (littérature et sciences humaines) (Paris)
Jury : Président / Présidente : Nicole Brenez
Examinateurs / Examinatrices : Murielle Gagnebin, Nicole Brenez, Jacques Dürrenmatt, Daniel Serceau

Résumé

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Cette thèse se propose de cerner les contours de la généalogie fantasmatique et fantomatique qui nourrit, possède et obsède le cinéma de Rainer Werner Fassbinder. Entre défaut et trop et #8208;plein de visible, le revenant s’y impose, en creux, comme le personnage central d’une oeuvre troublée par les questions hautement mélancoliques de l’absence et du retour. Ainsi, les figures du deuil, de la ressemblance, de l’obsession, de la ruine et du vampirisme s’y manifestent comme autant de symptômes d’une hantise subtile, d’autant plus inquiétante qu’étrangement familière. Les spectres, qu’ils soient psychiques ou plastiques, issus de la mythologie, de la littérature, de la peinture ou du cinéma, traversent et nourrissent les films de Fassbinder, dont l’extrême diversité révèle une étonnante cohérence et dessine une trajectoire fascinante. C’est à l’aide des outils de l’esthétique, de la psychanalyse et de la philosophie, mais aussi de la critique littéraire ou picturale, que nous tâchons ici de dévoiler les visages du fantastique qu’arbore cette filmographie sous influence, où l’anachronisme le dispute à l’éternel retour. Lieu du retour du refoulé et de la survivance plastique, le cinéma de Fassbinder s’affirme en dernier recours comme un véritable tombeau, endroit où l’Absent, inscrit à demeure et pour mémoire, peut enfin trouver le repos et mettre un terme à ses errances lugubres. Ainsi, la hantise, qu’elle soit esthétique ou narrative, plastique ou poïétique, prouve sa capacité à mettre sa puissance, habituellement mortifère, au service de la création artistique.