Omeros, Aimé Césaire, la mer : Paysages antillais du détour dans la poésie de Derek Walcott

par Patrice Malik Ferdinand

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Marta Dvorak.

Le président du jury était Joanny Moulin.

Le jury était composé de Marta Dvorak, Joanny Moulin, Dominique Combe, Bénédicte Ledent, Claire Omhovère, John Thieme.


  • Résumé

    Omeros, le long poème du Saint-lucien Derek Walcott, est mis en relation avec le recueil Moi, laminaire... du Martiniquais Aimé Césaire et avec le roman Otra vez el mar du Cubain Reinaldo Arenas. Dans ces trois oeuvres, la focalisation sur la Grèce antique permet aux trois auteurs de réinvestir les paysages antillais. Cette pratique du détour constitue une esthétique antillaise commune : le passage par des motifs grecs donne lieu à des constructions textuelles originales de ces paysages antillais. Dans une première partie, nous étudions les stratégies mises en place pour montrer le paysage à partir de sculptures grecques et de personnages grecs incorporés aux paysages. Dans une seconde partie, nous montrons comment l'imaginaire grec nourrit l'art de la métaphore chez Walcott. Dans Omeros, l’artisanat de la pêche [coupe et fabrication des gommiers, sciage et évidage des troncs, navigation, pêche à la nasse] constitue une mise en abîme de la technique walcottienne. La fonction de la mer dans le roman Otra vez el mar confirme l'antillanité de la composition d’Omeros. Dans la troisième partie, nous étudions les relations entre discours et paysages. Chez Walcott, la mangrove permet le renouvellement de la mémoire antillaise de la traite. Chez Césaire, ce milieu lagunaire constitue une réponse métaphorique au contexte politique martiniquais. Enfin, dans Omeros, la représentation de l'oralité créole est associée au motif de la cendre et de la forêt saint-lucienne. Finalement, nous affirmons que la variété des procédés esthétiques chez Walcott se fonde sur la diversité des paysages antillais.

  • Titre traduit

    Omeros, Aimé Césaire, the sea : the detour of Caribbean landscapes in Derek Walcott’s poetry


  • Résumé

    Omeros, the long poem written by the Saint-Lucian Derek Walcott is analyzed in relation with the poetic collection Moi, laminaire… by the Martiniquan Aimé Césaire and with the Cuban writer Reinaldo Arenas’s novel Otra Vez el mar. In their works, the focus on Ancient Greece enables the authors to reinvest the West Indian landscape. This common practice of the detour creates a common West Indian aesthetics: the use of Greek motifs gives birth to original textual constructions of Caribbean landscapes. In the first part, we are studying the strategies set up to portray the landscape through Greek sculptures and characters involved in the landscapes. In the second part, we are showing how the Greek imagination nurtures the art of the metaphor in Walcott’s work. In Omeros, the fishing craft [the cutting of the gommier trees, the sawing and the hollowing out of their trunks, for the building of the canoes, navigation and net fishing] reveals the techniques at work in Walcott’s writings. The function of the sea in Arenas’s novel confirms the West Indian aspect in the aesthetic process of Omeros. In the third part, the relations between discourse and landscapes are brought into light. In Walcott’s work the mangrove allows the renewal of the Caribbean memory of the slave trade. In Césaire’s work, this lagoon environment constitutes a metaphoric response to the Martiniquan political background. Then, in Omeros, the representation of creole orality is linked with the motif of the ashes and the Saint Lucian forest. Finally, we assert that the diversity of Caribbean landscape sets in motion Walcott’s poetics.

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