Thèse soutenue

Une histoire contrariée du bergsonisme en Espagne [1889 - années 1920]

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Auteur / Autrice : Camille Lacau St Guily
Direction : Serge Salaün
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études hispaniques et latino-américaines langues, littératures et civilisations
Date : Soutenance le 27/11/2010
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Europe latine et Amérique latine (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur l'Espagne contemporaine (Paris)
Jury : Président / Présidente : Paul Aubert
Examinateurs / Examinatrices : Serge Salaün, Paul Aubert, François Azouvi, Marie Franco, Yvan Lissorgues

Résumé

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À la fin du XIXe siècle, alors que l’Europe assiste au retour triomphal de la métaphysique dont Henri Bergson est une figure de proue, sur le positivisme, l’Espagne de la Restauration bourbonienne fait figure de résistante. La répartition bipolaire de l’intellectualité espagnole, entre les conservateurs néo-thomistes et les réformateurs de plus en plus attirés par la psychologie scientifique notamment, rend le dialogue primordialement impossible avec le bergsonisme, à la fin du XIXe siècle. Seul Leopoldo Alas tente de faire entendre la « philosophie nouvelle », dans son pays. Après que le bergsonisme ait été boudé, durant ces premières décennies d’existence par l’Espagne, la crise théologique moderniste de 1907 précipite son entrée dans la péninsule. Les premiers acteurs « philosophiques » du bergsonisme sont anti-bergsoniens et catholiques. Cet anti-bergsonisme religieux se double, pendant la Grande Guerre, d’un rejet politique de ce que symbolise Bergson, principalement lors de sa visite diplomatique à Madrid, en 1916. Parallèlement, les réformateurs, férus de pédagogie, qui ont créé en 1876 la Institución Libre de Enseñanza, découvrent la conceptualité bergsonienne qu’ils intègrent progressivement, entre 1900 et 1920, dans leur nouvelle science psychopédagogique. Toutefois, les véritables acteurs de la régénération métaphysique sont les poètes symbolistes, appelés « modernistes » en Espagne, puis les avantgardes esthétiques. Ce sont eux qui transfigurent le bergsonisme en une [méta]physique intime et organique. Ce n’est que dans un second temps, dans les années 1910, et non sans obstacles que les spécialistes espagnols de philosophie intègrent le bergsonisme.