Thèse soutenue

Mami Wata, le miroir baroque : étude d'une réinterprétation des représentations religieuses dans le Sud-Bénin, 1999-2008

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Auteur / Autrice : Jean-Pierre Collos
Direction : François Dumont
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences religieuses
Date : Soutenance en 2010
Etablissement(s) : Paris, EPHE
Partenaire(s) de recherche : Autre partenaire : École pratique des hautes études. Section des sciences religieuses (Paris)

Résumé

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« Mami Wata », entité connue sur une grande partie du continent africain, a fait l’objet de nombreux articles, de livres et de films qui donnent à voir une multiplicité de figures de la divinité. Notamment des historiens de l’art ont recherché, à partir des représentations de la Sirène, l’origine de ce culte ; ces auteurs qui pour beaucoup se sont inspirés mutuellement de leurs écrits réciproques, ont créé une « Mami Wata de littérature ». D’autres, principalement des anthropologues, ont tenté de comprendre le phénomène « Mami Wata » à partir de la question : « pourquoi les individus ont-ils recours à cette croyance » ? Plutôt que de construire un archétype ils se sont intéressés à la mise en présence de l’instance dans différents contextes. Dans cette perspective, cette thèse, écrite après une période d’enquête d’une décennie, dans le Sud-Bénin, analyse et discute la démarche idiosyncrasique d’un « vodunon » - Maître de « Mami Wata » - dans la construction rituelle qu’il propose. Les diverses manipulations qu’il fait subir aux rites ont pour objectif de permettre à l’entité de s’inscrire localement comme une inférence venant s’agréger à un schéma conceptuel préexistant. Une comparaison de cette démarche avec d’autres approches de pratiques rituelles liées à « Mami Wata » sur plusieurs territoires de la même région tente, notamment à partir des pratiques initiatiques et de la notion d’alliance matrimoniale comme représentation religieuse, de montrer comment l’action d’un « individu biographique » peut insuffler un mouvement qui, à terme, aboutit à une mutation des formes religieuses. « Mami Wata » - « instance de représentation » - apparaît comme un objet spéculaire, reflet d’une identité perdue, un miroir baroque permettant « de réinventer un accord entre l’individu et le monde ».