Thèse soutenue

Ecrivains étrangers à Paris et construction identitaire supranationale : le cas de la panlatinité, 1900-1939

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Auteur / Autrice : Amotz Giladi
Direction : Gisèle Sapiro
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance en 2010
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Résumé

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Nous étudions ici la présence physique et intellectuelle d'écrivains étrangers à Paris entre 1900 et 1939, ainsi que l'une de leurs principales stratégies d'insertion dans le champ littéraire français: l'élaboration d'une identité panlatine. Celle-ci permet à de nombreux écrivains, surtout des ressortissants de pays dits latins, de s'appuyer sur une forme d'identité supranationale qui les rattache à la France sans pour autant les éloigner de leur propre identité nationale. Née au XIXe siècle, la panlatinité se réclame de ce qui est considéré comme l'héritage culturel de l'empire romain, partagé par plusieurs nations modernes. À travers une étude des trajectoires intellectuelles d'écrivains étrangers tels que Guillaume Apollinaire, ainsi qu'une enquête prosopographique qui trace les propriétés sociales d'une population plus large d'écrivains immigrés, notre analyse appréhende l'identité panlatine comme un catalyseur de l'immigration littéraire. Même si Paris, principale métropole culturelle européenne, semble attirer naturellement les écrivains du monde entier, cette migration est un processus complexe: elle s'inscrit dans un contexte de durcissement de la politique française d'immigration et de montée de la xénophobie et du nationalisme. Or les intellectuels nationalistes en France, tendant à utiliser eux-mêmes les thématiques panlatines, contribuent à l'élaboration d'un espace discursif dans lequel puissent s'insérer certains écrivains étrangers. C'est dans cet espace que se passe une grande partie des échanges entre écrivains immigrés et français, que ce soit au sein des mouvements d'avant-garde ou à travers des circuits universitaires, diplomatiques et mondains