Thèse soutenue

Les migrations interterritoriales des plaines du Logone vers le bassin sucrier de Mbandjock-Nkoteng dans le Cameroun central : des impératifs économiques à l'intégration nationale

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Auteur / Autrice : Joseph Yves Zoa Zoa
Direction : Jean-Claude Bruneau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géographie tropicale
Date : Soutenance en 2010
Etablissement(s) : Bordeaux 3 en cotutelle avec Université de Ngaoundéré
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Aménagement, développement, environnement, santé et sociétés (Pessac, Gironde2003-2015)

Mots clés

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Résumé

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L’une des caractéristiques fondamentales de la plupart des groupes humains, importants ou non, permanents ou non, organisés ou spontanés, de nos jours est leur capacité à se déplacer dans des proportions variables d’un espace à l’autre. C’est dans un tel contexte que se sont créés, au Cameroun, des liens entre les savanes septentrionales, pays du mil, du coton et les forêts méridionales, domaine du cacao, de la banane. Les savanes septentrionales, et plus particulièrement les territoires du Logone, sont surpeuplées, formant les « pleins ». En revanche, les savanes méridionales du territoire de Mbandjock-Nkoteng sous-peuplées sont qualifiées de « vides ». Il s’agit des migrations interterritoriales effectuées depuis 1964 par des originaires des plaines du Logone en direction de la vallée de la Sanaga dans la localité de Mbandjock-Nkoteng. C’est un espace de transition forêt-savane peuplé en moyenne de 2 hab. /km2 de populations Vuté et apparentés où, les sucreries du Cameroun se sont implantées et ont attiré par vagues successives plus de dix milles migrants. Leur apport dans le développement des agro-sucreries et les mutations sociales, est resté déterminant. Par son caractère transitoire, les migrants ont semblé retrouver dans ce territoire d’accueil, certains éléments écologiques des zones de départ qui ont contribué à leur installation durable et permanente. Le processus d’installation définitive des immigrés que leurs descendants ont parachevé aujourd’hui, a commencé vers 1985, avec l’arrêt des migrations organisées voire planifiées que les sucreries initiaient en 1964. L’inscription spatiale du phénomène urbain, est devenue plus visible à travers la multiplication des services d’encadrement collectif pendant que les faits géographiques ignorés se sont révélés dont l’intégration nationale. Grâce à leur fixation permanente, les immigrés ont changé de statut et se définissent désormais originaires du bassin sucrier de Mbandjock-Nkoteng. Les frontières mentales, identitaires et sociales sont affranchies par les deux groupes humains entrainant la dilution de l’interterritoire dans le territoire national.