Thèse soutenue

Pulsion scopique et cruauté désobjectalisante

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Auteur / Autrice : Guillemine Chaudoye
Direction : Dominique Cupa
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Psychopathologie psychanalytique
Date : Soutenance le 03/04/2009
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Connaissance, langage, modélisation (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 1992-....)
Jury : Président / Présidente : Alberto Konicheckis
Examinateurs / Examinatrices : Dominique Cupa, Alberto Konicheckis, Pascal-Henri Keller, Sesto-Marcello Passone, Jean-François Chiantaretto, Michèle Bertrand, Patricia Attigui
Rapporteurs / Rapporteuses : Alberto Konicheckis, Pascal-Henri Keller

Résumé

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Ce travail de thèse porte sur la question du lien entre une cruauté désobjectalisante, au sens où André Green a conceptualisée la déobjectalisation, et la pulsion scopique, à partir d’un travail sur les élaborations transférentielles et contre-transférentielles en jeu dans trois prises en charge psychothérapeutiques. Cette réflexion commence sur les répercussions de la position en face à face et de l’impact du regard dans cet espace transféro-contre-transférentiel. Comment soutenir le regard face aux insoutenables représentations de certains récits de vie ? Peut-on penser le regard dans la thérapie au travers du filtre de la cruauté ? L’idée d’une confrontation des regards s’est peu à peu introduite et s’est imposée suite à cette impression grandissante d’un face à face/ corps à corps. Le face à face thérapeutique se voit alors transformer en un corps à corps symbolique. Le corps peut être entendu comme le point de rencontre entre cruauté désobjectalisante et pulsion scopique. Afin de revenir aux origines de la cruauté, le corps est d’abord travaillé au travers de la philosophie, puis envisagé dans le cadre de la recherche psychanalytique avec des auteurs comme Freud, Winnicott, Lacan, Green, Bonnet, Dominique Cupa, amenant progressivement au rapprochement entre cruauté et regard. Les concepts de cruauté, de pulsion cruelle et de pulsion scopique sont alors considérés non seulement sous l’angle de la psychanalyse mais aussi à travers l’étude des mythes et légendes. Dans ces mythes, l’œil/miroir comme source de son propre reflet destructeur tient une place prépondérante. Le reflet de soi-même devient un reflet de mort. A l’image de Méduse condamnée par Athéna à ne jamais se voir tant dans le regard de l’autre que dans son propre regard, cette recherche pose la question du regard comme nécessité à toutes constitutions psychiques humaines, du narcissisme, de sa construction et de son maintien.