Education et décentralisation au Mali : enjeux et réalités des dynamiques d'appropriation locales (Cas des communes de Dombila, Markala, Kati et Commune V du district de Bamako
| Auteur / Autrice : | Idrissa Soïba Traoré |
| Direction : | Jean-Yves Rochex |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation |
| Date : | Soutenance en 2009 |
| Etablissement(s) : | Paris 8 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
La décentralisation de l'école au Mali est un nouveau mode d'aménagement de l'institution scolaire. Elle a pour but de rapprocher davantage l'école des collectivités locales tout en favorisant l'efficacité du système, la démocratisation et la mobilisation des acteurs. La présente étude s'intéresse aux enjeux de l'appropriation de cette nouvelle politique par les acteurs locaux (enseignants, parents d'élèves, collectivités locales, Centre d'Animation Pédagogique- CAP-) dans quatre communes (Dombila, Markala, Kati, Commune V du district de Bamako). De nos investigations, il ressort qu'il y a des difficultés d'appropriation qui s'expliquent par la précarité des moyens, la qualité des ressources humaines. Seuls les acteurs qui sont convaincus de pouvoir tirer un profit direct de cette politique la défendent. Les acteurs qui risquent d'être affaiblis ou d'être davantage sollicités résistent. La décentralisation de l'éducation a eu des effets contradictoires du point de vue de la démocratisation en milieu urbain ou en milieu rural. D'un côté, les écoles communautaires qui se sont multipliées en milieu rural sous l'effet du fandenya constituent une lourde charge pour les parents d'élèves qui demandent une municipalisation de leurs écoles. En revanche, ces mêmes types d'écoles au niveau urbain profitent des aides accordées par l'Etat mais évoluent comme des structures privées. Enfin, la mobilisation des acteurs notamment des parents d'élèves ne se réalise pas. Ceux-ci surtout en milieu urbain se ''déchirent'' dans la mise en place des CGS, nouveaux organes de gestion des écoles. Les APE qui ont longtemps assumé ce rôle se rétractent, ou bien cherchent à se maintenir ou à récupérer la nouvelle donne en leur faveur. Il en résulte des formes de conquête du leadership scolaire qui se fondent sur trois logiques : communautaires, démocratiques et socio culturelles d'acculturation. Chacune est influencée soit par les pouvoirs traditionnels ou la gérontocratie soit par des réseaux formels et informels ou des personnalités influentes. La transformation de l'institution scolaire devient donc un enjeu de pouvoir, une arène soumise à de nombreux conflits (pouvoir, légitimité, valeurs, compétences, économiques).