Thèse soutenue

Herméneutique et déconstruction : à la limite d'une rencontre impossible : le texte

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Diana Muñoz-Gonzalez
Direction : Stéphane Douailler
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 2009
Etablissement(s) : Paris 8

Résumé

FR  |  
EN  |  
ES

Notre point de départ est un événement. Il s'agit de la rencontre parisienne entre le philosophe Hans–Georg Gadamer, représentant de l'herméneutique philosophique, et Jacques Derrida, figure centrale de la déconstruction. Cet épisode qualifié de "dialogue de sourds", et apparemment clos par un échec irrémédiable, ne permet pas pour autant de conclure à l'impossibilité de rapprocher ces courants centraux de la philosophie continentale. Au contraire, cet échec nous paraît plutôt ouvrir le lieu d'une autre rencontre. Cette rupture doit alors être réinscrite comme le moment productif de la trame d'un vrai dialogue. Un non-lieu ��� lieu d'asymétrie radicale entre continuité et discontinuité – où, malgré tout, aurait lieu leur rencontre. Or, ce non-lieu nous semble prendre forme dans le concept de texte. Toutefois, prônant une unité de sens qu’il revient à l'interprète de comprendre, l'herméneutique est normalement présentée comme pôle opposé et irréconciliable de la déconstruction, laquelle met en cause toute prétention d'attribuer un sens ultime prêt à être déchiffré. Néanmoins, notre hypothèse veut que ce soit le concept de texte qui occupe ce non-lieu "partagé" par l'une et l'autre. Nous entreprenons donc la reconstruction du parcours conduisant Gadamer jusqu’au "texte éminent", afin de déceler la tâche interprétative qui s’en dégage. Ensuite, nous examinons la distinction de Derrida entre livre et texte dans l’intérêt de comprendre l'opération déconstructiviste. Tout cela nous conduit, enfin, à la notion de "jeu", véritable clé pour expliquer ce que le texte s'avère être, finalement, pour l'herméneutique et pour la déconstruction, à savoir un "événement de langage".