Thèse soutenue

Le culte de Déméter et de Coré à Cyrène

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Auteur / Autrice : Sophie Grosjean
Direction : André Laronde
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisation de l'Antiquité
Date : Soutenance le 09/12/2009
Etablissement(s) : Paris 4
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Orient et Méditerranée (Ivry-sur-Seine, Val de Marne ; 2006-....)
Jury : Président / Présidente : Jean-Jacques Maffre
Examinateurs / Examinatrices : André Laronde, Mario Luni, Pierre Sineux

Résumé

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L’objectif de cette thèse est d’étudier la singularité de Déméter et de Coré à Cyrène. À travers la personnalité des deux divinités et des rites effectués en leur honneur, on se propose de faire comprendre les modalités de leur vénération et d’en montrer l’originalité. L’expansion rapide de leur culte cyrénéen ainsi que l’attrait populaire qu’il suscitait s’expliquent par la préexistence d’une déesse chtonienne de la fertilité dont la personnalité était assez forte pour ne pas être engloutie littéralement par la déesse grecque des colonisateurs. La Déméter libyenne cache sous le masque d’une divinité canonique, une puissance de la végétation redoutable attachée aux sols et liée au monde des morts. Cet état de fait n’est pas une simple analogie entre deux cultes préexistants et ne peut se produire sans un mouvement de foi profond. Les mutations qu’ont subies les déesses de Cyrène étaient déjà en puissance dans les divinités qu’ont importées les premiers Cyrénéens, mais c’est l’introduction de rites barbares qui leur a permis de s’épanouir en terre libyenne. Il ne s’agit pas là d’une fusion qui calquerait les caractéristiques des divinités libyennes sur des divinités grecques, mais plutôt d’une sorte de cohabitation divine qui permettrait un enrichissement réciproque des déesses. Le contact entre les deux civilisations n’a bouleversé ni les Grecs, ni les indigènes : la Déméter de Cyrène, tout comme les divinités libyennes de la fertilité, était d’une essence assez originale pour perdurer par-delà le phénomène de syncrétisme.