Thèse soutenue

Le vertige des marges dans l'oeuvre de Salman Rushdie. Stratégies métaphoriques et métonymiques

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Auteur / Autrice : Sébastien Blache
Direction : Marc Porée
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études anglophones
Date : Soutenance le 10/12/2009
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Études anglophones, germanophones et européennes (2009-2019 ; Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Langues, Textes, Arts et Cultures du Monde Anglophone
Jury : Président / Présidente : Alexis Tadié
Examinateurs / Examinatrices : Marc Porée, Alexis Tadié, Vanessa Guignery, Claude Maisonnat

Résumé

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La figure du migrant est centrale dans l’œuvre de Salman Rushdie. Noyau d’un dispositif narratif, rhétorique, philosophique et métaphysique, elle organise une vision du monde orientée par ce qu’Edouard Glissant nomme le « nomadisme circulaire ». Dans ce monde baroque, instable et chancelant, le vacillement est maintenu par la convergence du centre et de la périphérie, qui deviennent deux formes du bord. Le transport est le nom que le grec donne à la métaphore : chez Salman Rushdie, c’est aussi le migrant. Figure de rhétorique, la métaphore relève d’un mode fondé sur la substitution et la rupture, d’après David Lodge, avec Jakobson. Inséparable de la métonymie, dont le mode est associé à la combinaison et la contiguïté, elle donne forme verbale et énergie à la puissance évocatrice et imaginatrice qui se manifeste dans les romans de Salman Rushdie. Cette énergie se fait véhicule d’un conatus centrifuge qui attire l’écriture vers les marges. Le bord s’inscrit dans la dialectique de la continuité et de la discontinuité en tant qu’il est commencement et fin. Il s’incarne dans le corps, dans divers lieux métaphoriques et poétiques, et dans des personnages appartenant tous à un entre-deux, à une réalité hybride qui favorise le basculement et le désordre. Cette thèse analysera dans quelle mesure les avatars du bord géographique, rhétorique et sémantique font prospérer une écriture génératrice d’une prolifération de sens et d’une poétique au cœur de laquelle la recherche de la « métaphore vive » [chère à Paul Ricoeur] participe d’un vertige des marges].