Thèse soutenue

Sélection sexuelle chez l'Outarde houbara, Chlamydotis undulata undulata, implications pour les élevages conservatoires et la gestion des populations captives

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Auteur / Autrice : Rémi Chargé
Direction : Nathalie MachonMichel Saint Jalme
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Écoéthologie
Date : Soutenance en 2009
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la nature et de l'Homme - Évolution et écologie (Paris ; 1995-....)
Jury : Président / Présidente : Alexandre Roulin
Examinateurs / Examinatrices : Gabriele Sorci
Rapporteurs / Rapporteuses : Richard Buchholz, Bruno Faivre

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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EN

Les élevages conservatoires sont parfois l’ultime recours pour éviter l’extinction de populations menacées. La gestion des programmes de reproduction en captivité repose sur le maintien de la diversité génétique et l’évitement de la consanguinité obtenus en équilibrant la représentation des fondateurs. Le relâchement de la sélection inhérent à ces pratiques peut cependant générer des effets indésirables liés à la dérive génétique. Pour ces raisons, des auteurs ont proposé d’intégrer de la sélection sexuelle aux programmes de reproduction. La préférence des femelles pour les mâles porteurs d’une bonne qualité génétique ou présentant une meilleure compatibilité avec les gènes de la femelle permettrait de maintenir la valeur sélective des populations. Nos résultats montrent, chez l’Outarde houbara, espèce à lek, qu’en évaluant la parade sexuelle des mâles, les femelles pourraient obtenir des bénéfices directs en termes de fécondité et des bénéfices indirects en termes de succès reproducteur et de survie de la descendance. Cette sélection pour les « bons gènes » serait associée à un choix cryptique de la semence dans les voies génitales de la femelle, basé sur une compatibilité génétique qui limiterait les risques associés à la dépression de consanguinité et d’exogamie chez la descendance. Le choix de la femelle serait séquentiel, les femelles rechercheraient de « bons gènes » lors du choix pré-copulatoire puis optimiseraient la compatibilité génétique lors d’un choix cryptique dans les voies génitales. L’existence de bénéfices directs et indirects associés aux mécanismes de reconnaissance de gènes compatibles représente une des meilleures alternatives aux nombreuses théories proposant de résoudre le paradoxe du lek. En parallèle, nous avons montré que les traits d’histoire de vie, potentiellement utilisés par les femelles lors du choix du partenaire, avaient évolué au bout de seulement cinq générations d’élevage. La forte augmentation de la valeur des traits au cours des générations a coïncidé avec les effets attendus dans le cas d’une intégration d’une sélection sexuelle au programme de reproduction. Ces fluctuations seraient la conséquence du déséquilibre dans la représentation des fondateurs due à la surreprésentation des meilleurs reproducteurs. Les effets génétiques à court terme liés à une augmentation de la fécondité et de la survie sont plutôt favorables au maintien de la valeur adaptative de la population captive, impliquant de ne pas intégrer de sélection supplémentaire au programme de reproduction. Cependant, les effets à long terme restent inconnus.