Al-Ma‘arrī ou l’Art d’écrire sous la censure : l’exemple de Risālat al-ṣāhil wa-l-šāḥiğ, « L’Épître du cheval et du mulet »

par Joumana Raoux (Barkoudah)

Thèse de doctorat en Linguistique, littérature et civilisation arabes

Sous la direction de Katia Zakharia.

Soutenue le 27-11-2009

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon) , en partenariat avec Groupe de recherche sur la mediterrannee et le Moyen-Orient (laboratoire) .

Le président du jury était Abdallah Cheikh-Moussa.

Le jury était composé de Mohamed-Chérif Ferjani, Hassan Sahloul, Moncef Ben Abdeljalil.


  • Résumé

    Longtemps soupçonné d’hérésie, ’Abū al-‘Alā’ al-Ma‘arrī, auteur du nord de la Syrie ayant vécu à cheval entre le IVe/Xe et le Ve/XIe siècles, fut disculpé à la fin du XIXe siècle par les précurseurs de la Nahd{a. Féru de la langue arabe, muni d’un style inaccessible au premier abord, la question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir s’il faut se fier à ses contemporains ou à l’opinion d’hommes qui vécurent plusieurs siècles plus tard. Le présent travail a pour but de tenter de comprendre le langage de cet auteur et d’essayer de savoir pour quelles raisons un homme brillant par son intelligence et ses connaissances se borna à rédiger ce qui ressemble à une fable animalière anodine.Une analyse détaillée du texte révèle un ensemble de jeux de mots, d’allusions historiques, d’anecdotes et de citations coraniques qui tissent un deuxième texte en filigrane à travers l’épître, lequel s’avère être, d’une part, une critique véhémente contre toute religion, l’islam et son représentant le prophète Muh{ammad en particulier et, d’autre part, des conseils adressés au prince ‘Azīz al-Dawla, gouverneur indépendantiste d’Alep sous le règne des Fatimides, l’encourageant à prendre les armes et à propager les idées du maître. La véritable croyance de l’auteur reste cependant peu définie en dehors d’un refus de tout système religieux, désigné comme étant des mécanismes mis en place pour duper les gens simples d’esprit, et d’une foi inébranlable que la mort n’est autre qu’un sommeil sans suite.La technique d’écriture d’al-Ma‘arrī semble être un savant mélange de la technique bédouine de la tawriya dont l’usage primitif était d’échapper à la censure ou à la persécution et une inspiration de l’ouvrage pehlevi Kalīla wa-Dimna, un miroir des princes par excellence.

  • Titre traduit

    Al-Ma‘arrī and the art of writing under censorship : the example of Risālat al-ṣāhil wa-l-šāḥiğ, "Letter of a horse and a mule"


  • Résumé

    ’Abū al-‘Alā’ al-Ma‘arrī who lived in the North of Syria between the 4th and the 5th century was suspected of heresy for a long time, and was finally cleared by the Nahd{a pioneers at the end of the 19th century. Extremely keen on the Arabic language and provided with an intricate style of writing, the question today is whether to believe his contemporaries or the opinion of men who lived centuries later. The present study tries to understand the author’s language and why such a brillant cultivated man wrote what looks like a trivial animal fable.A detailed analysis of the text reveals a succession of puns, hints to historical events, anecdotes and coranic quotes which grow into a second text interwoven throughout the « Epistle of a Horse and a Mule ». This latter appears to be, on the one hand, a vehement criticism towards religion, islam and Muh{ammad its prophet, and, on the other hand, advice given to Aleppo’s governor, ‘Azīz al-Dawla, who though allegied to the Fatimids, has a tendency toward independence, encouraging him to take arms and propagate the masters ideas. Nevertheless, the real faith of the author remains undetermined except for his refusal of all religious system viewed by him as mechanisms set to fool simple souls, and his belief that death is nothing but an endless sleep.Al-Ma‘arrī’s writing technique appears to be a refined combination of the bedouin’s technique tawriya which originally served as a means to escape censureship or even repression, and inspired by the pehlevi work of Kalila wa-Dimna, princes advice if ever there was.

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  • Détails : 2 vol. (423 p, 437 p.)

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