Thèse soutenue

La théorie juridique leibnizienne des conditions : ce que la logique fait au droit (ce que le droit fait à la logique)

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Auteur / Autrice : Alexandre Thiercelin
Direction : Shahid Rahman
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Logique et épistémologie
Date : Soutenance en 2009
Etablissement(s) : Lille 3

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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J'étudie les effets juriques et logiques de la méthode élaborée par G. W. Leibniz (1646-1716), dans ses Disputationes juridicae de conditionibus (1665) et son Specimen certitudinis seu demonstrationum in jure exhibitum in doctrina conditionum (1667-1669), pour expliquer la nature et l'effet d'une modalité juridique : B "suspendu" par A. Par exemple, le legs de 100 pièces de primus en faveur de Secundus est "suspendu" à la venue d'un navire d'Asie. Cette méthode, expliquer la nature et l'effet de la proposition conditionnelle "morale" dont A et B sont, respectivement, l'antécédent et le conséquent, lui permet d'utiliser les ressources de l'analyse logique des conditionnels pour "ramener à des démonstrations très certaines et presque mathématiques " les réponses des jurisconsultes romains à l'endroit des modalités juridiques (B suspendu par A, amis aussi B révocable par A, et B ajourné par A). Cette contribution de la logique au droit va de pair avec une complication de la logique qui permet de rendre compte des dimensions dynamiques(épistémiques, temporelles, pratiques) qui font de B suspendu par A un droit conditionnel, intermédiaire entre B nul et B pur et simple. Parmi ces contributions : la logique des propositions conditionnelles morales n'est pas la logique classique mais la logique dite "connexe" ; la liaison entre la condition morale et son conditionné, dépourvue de pertinence propositionnelle, n'en a pas moins une pertinence pratique que Leibniz analyse en termes d'utilité et de probabilité ; la découverte d'ensembles de prémisses ordonnés (par exemple, B suspendu par A et C (par A ou C) peut être différent de B suspendu par C et A (par C ou A)