Thèse soutenue

Les Boni à l'âge de l'or et du grand « takari » (1860-1969) : «temps de crise, temps d'espoir»

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Jean Moomou
Direction : Bernard VincentMyriam Cottias
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisations
Date : Soutenance en 2009
Etablissement(s) : Paris, EHESS

Résumé

FR  |  
EN

Nos investigations antérieures, le mémoire de Maîtrise notamment, nous ont permis de retracer l'histoire des Boni de Guyane de 1772 à 1860. Ce travail a montré non seulement la manière dont émerge le groupe de marrons Boni qui donnera naissance à un peuple, mais également la façon dont l'histoire coloniale a produit les Boni et comment les Boni à leur tour ont fait leur propre histoire. Le 8 septembre 1860, ils sont reconnus libres et autonomes par les autorités coloniales françaises et hollandaises. Ainsi, loin du monde colonial, ils créent leur propre univers culturel, religieux. Mais cette vie harmonieuse qui semble naître en 1860 sera très vite perturbée par des circonstances extérieures. La présente étude vise à rendre lisibles d'une part, les interactions entre la politique des autorités coloniales françaises ou hollandaises et celle des communautés marronnes, notamment les Boni. D'autre part, elle cherche à expliquer comment les Boni se sont adaptés aux entreprises exogènes (introduction de l'économie aurifère et marchande, exploitation forestière, projet politique des autorités coloniales puis départementales) qui ont bouleversé l'intérieur de leur société sur le plan de l'autorité traditionnelle, sur le plan économique et social, sur le plan de leur univers culturel et mental entre 1860 et 1969. Il est question aussi à travers cette étude de poser la question du sort des sociétés traditionnelles du Maroni, en l'occurrence celle des Boni, confrontées à l'univers du colonisateur français et hollandais. En effet, saisis par le regard des habitants du monde colonial, mais aussi par des valeurs, des mœurs jusque-là Inconnues, les « Baka-fii-man nengue » (les nègres de l'âge de paix) pour reprendre l'expression qu'emploient les « Sabi-man» boni d'aujourd'hui, ont du mal à concilier tradition et modernité, et à comprendre l'évolution de leur société. . .