Gouverner l'église : Évêques et paroisses dans la province ecclésiastique de Rouen (v. 1050-1280
| Auteur / Autrice : | Grégory Combalbert |
| Direction : | Véronique Gazeau, Laurent Morelle |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | histoire et archéologie des mondes antiques et médiévaux |
| Date : | Soutenance en 2009 |
| Etablissement(s) : | Caen |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Littératures, cultures et sciences sociales (Caen....-2011) |
Résumé
Le gouvernement épiscopal du diocèse et des églises locales a été récemment étudié dans plusieurs régions de l'Europe du Nord-ouest, hors de la Normandie. Cette thèse vise à mettre en lumière la manière dont s'est construit le pouvoir épiscopal sur les églises paroissiales de la province de Rouen entre le XIe et le XIIIe siècle. Trois grandes étapes doivent être distinguées. Avant 1130, malgré les premières initiatives destinées à permettre un contrôle de l'évêque sur les clercs paroissiaux, le pouvoir épiscopal sur les églises demeure assez mal établi et fréquemment contesté. À ce moment, le sort des églises et de leurs desservants se règle essentiellement entre les élites laïques et les moines bénédictins. Il faut attendre la période 1130-1180 pour qu’une génération d'évêques énergiques et réformateurs fasse partout reconnaître l'autorité épiscopale sur les églises et mette en place des innovations juridiques et institutionnelles d'importance, destinées à redéfinir les droits des laïques sur les églises et à instaurer un vrai contrôle épiscopal sur les bénéfices paroissiaux. L'impact de ces innovations n'est vraiment perceptible qu'après 1180 : si le pouvoir épiscopal en sort renforcé, les rapports sociaux autour des églises ne sont pas profondément modifiés. Religieux et laïques s'adaptent pour maintenir leur influence sur les clercs et leurs droits sur les revenus paroissiaux. C'est au même moment, dans le contexte de Latran IV, qu'émergent plus nettement des préoccupations pastorales, en partie censées corriger les abus générés par les évolutions du XIIe siècle : la qualité de la cure des âmes et de la desserte paroissiale est alors mise en avant