Altérations des cellules T régulatrices au cours de maladies autoimmunes systémiques : Aspects fondamentaux et implications thérapeutiques
| Auteur / Autrice : | Véronique Parietti |
| Direction : | Sylviane Muller |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Immunologie |
| Date : | Soutenance en 2008 |
| Etablissement(s) : | Université Louis Pasteur (Strasbourg) (1971-2008) |
Résumé
Le maintien de la tolérance au soi est notamment assuré en périphérie par les cellules T régulatrices, T CD4+CD25+ (nTregs) et T «natural killer» (iNKT). Une activité défectueuse et/ou une altération de la fréquence de ces cellules ont été décrites comme étant impliquées dans le développement de maladies autoimmunes. Nous avons ainsi entrepris l’analyse numérique et surtout fonctionnelle de ces cellules T régulatrices à la fois dans un modèle murin autoimmun et chez des patients atteints de lupus érythémateux disséminé (LED) ou de polyarthrite rhumatoïde (PR). Nous avons ainsi mis en évidence des défauts numériques et/ou fonctionnels des cellules iNKT et des nTregs de souris autoimmunes MRL/lpr. Bien que ces souris ne présentent pas d’altération en nombre de nTregs, ces cellules sont incapables de réguler efficacement la prolifération et surtout la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires. Ce défaut fonctionnel semble lié à une expression altérée de molécules impliquées dans la suppression (CTLA-4 et CD80/CD86), ainsi qu’à une production excessive d’IL-6. Par ailleurs, les cellules iNKT répondent peu à la stimulation ex vivo par l’-galactosylcéramide, leur ligand spécifique. Ce défaut peut être imputé au déficit numérique en ces cellules. De manière intéressante, la restauration d’un nombre adéquat de cellules iNKT, par administration répétée de -Gal(C12)Cer à des souris MRL/lpr pré-autoimmunes, diminue la protéinurie et augmente la survie des animaux traités. Nous avons par ailleurs montré que l’administration du peptide tolérogène P140, qui retarde le développement de la pathologie chez la souris MRL/lpr, abolit la diversification intramoléculaire et intermoléculaire des réponses T chez ces souris et permet de restaurer partiellement les fonctions suppressives des nTregs. Enfin, l’étude de ces deux populations d’intérêt dans le sang périphérique a révélé une diminution de leur fréquence chez les patients atteints de PR et de LED. De façon intéressante, la diminution du nombre de cellules iNKT chez les patients atteints de PR semble corrélée à certains paramètres cliniques et biologiques de la maladie. Par ailleurs, le Rituximab, thérapie ciblant les cellules B, permet d’augmenter le pourcentage de cellules iNKT chez les patients atteints de PR. L’étude détaillée des mécanismes régulateurs pouvant être altérés chez les souris autoimmunes nous permettra d’établir un éventuel parallèle avec les patients atteints de LED ou de PR et ainsi envisager des thérapies spécifiques.