Les sanctions au collège : l’influence du contexte scolaire et des normes de jugement des enseignants
| Auteur / Autrice : | Agnès Grimault-Leprince |
| Direction : | Pierre Merle |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance en 2008 |
| Etablissement(s) : | Rennes 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences humaines et sociales (Rennes) |
| Partenaire(s) de recherche : | Autre partenaire : Université européenne de Bretagne (2007-2016) |
Résumé
La thèse a pour objet de caractériser les pratiques de sanction au collège. Les matériaux empiriques de la recherche sont constitués d’enquêtes par entretiens auprès des enseignants et par questionnaire auprès des élèves. Les pratiques de sanction des enseignants sont encadrées par des normes et valeurs collectives et individuelles concurrentes dans lesquelles les règles de droit, l’équité et la visée éducative des sanctions sont parfois secondaires en raison des contraintes de gestion de l’ordre scolaire. Deux types de contrôle de la classe peuvent être distingués. Les enseignants les plus « formalistes » tentent, avec un succès inégal, d’imposer des règles rigides et recourent fréquemment à la sanction. Les plus « pragmatiques » trouvent des arrangements avec les élèves. Les sanctions, souvent liées aux exigences pédagogiques, concernent la plupart des élèves, quel que soit le type de collège. Les élèves « les plus déviants » sont peu sensibles à la répression scolaire. L’analyse multivariée met en évidence la surpénalisation de certaines catégories d’élèves : les garçons, les élèves faibles scolairement, en retard et de milieu populaire. Un contexte « difficile » accroît également le risque de sanction. Les conditions d’enseignement et les normes de jugement des enseignants, sous-tendues par une norme d'excellence et des stéréotypes de sexe et de classe sociale, influencent les pratiques. Toutefois, « toutes choses égales par ailleurs », les collégiens d'origine étrangère ne sont pas plus sanctionnés que les autres. L’analyse multivariée montre enfin que les élèves faibles scolairement et d’origine étrangère se sentent davantage humiliés en classe.