Thèse soutenue

La frontière dans les romans de Mark Behr et de J. M. Coetzee

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Auteur / Autrice : Mathilde Rogez
Direction : Claire Bazin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langues, littératures, et civilisations des pays anglophones
Date : Soutenance en 2008
Etablissement(s) : Paris 10

Résumé

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Frontière de la colonisation (« frontier ») ou derniers retranchements de l’apartheid avant sa chute (« border »), mais aussi lignes de démarcation sociales, économiques et géographiques : la frontière est omniprésente dans les romans de Mark Behr et de J. M. Coetzee, écho et reflet d’une société obsédée par la division qui, à l’image des Etats-Unis de F. J. Turner, se choisit une identité nationale sur le mode exclusif reposant sur un mythe de la frontière. Le miroir du texte se fait toutefois déformant ; l’écho du discours plurivoque du roman fait subir au discours dogmatique de l’idéologie des modulations qui en sapent les fondements, en réalité labiles. On s’intéressera ainsi à l’élaboration du mythe de la frontière et au panorama historique qu’en dressent les romans, qui font jouer les différents termes renvoyant à la frontière pour souligner l’échec d’une stratégie de confrontation permanente. L’autre de la frontière ne saurait être effacé du territoire ni du texte. Il réapparaît aussi dans le paysage : à un imaginaire du pays qui veut imposer le cadre de la carte ou du tableau, les romans opposent une esthétique du décentrement des points de vue visuel et narratif. Ils font apparaître l’instabilité du sujet lui-même, qui doit se confronter à la « wilderness », désert de la perdition et du salut, contradictions intérieures au sujet. L’acceptation de l’altérité pour éviter l’altération est aussi, enfin, la voie du salut pour l’écriture qui se fait jeu, translation et traduction permanentes entre langues et modes de représentation : invitation au dialogue continué dans la lecture et dans d’autres écritures pour une Afrique du Sud véritablement « nouvelle ».