Thèse soutenue

Paul Valéry et le rapport entre écrivains et public en France entre 1918 et 1945

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Sylvia Jane Blévins
Direction : Michel Jarrety
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littératures françaises et comparée
Date : Soutenance le 21/11/2008
Etablissement(s) : Paris 4
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris ; 1992-....)
Jury : Président / Présidente : Jean-Yves Masson
Examinateurs / Examinatrices : William Marx, Cécile Méadel, Jean-Pierre Naugrette

Résumé

FR  |  
EN

Cette étude examine un des aspects du rapport entre écrivains et public en France au XXe siècle : il s’agit de la perception grandissante parmi les écrivains français qu’un public de masse et la démocratisation de la société menaçaient la littérature et l’abaissaient. Notre étude commence par tracer l’origine de cette perception au XIXe siècle, dans les écrits d’un des premiers écrivains à évoquer le grand public dans sa poétique, Edgar Allan Poe. L’écrivain américain pensait qu’un public de masse était une bonne chose pour la littérature, alors qu’en France des écrivains comme Mallarmé et Baudelaire ont vu en cette poétique un avertissement contre les dangers d’un public de masse. Leur perception de Poe a préparé le terrain pour l’approche de la littérature épousée par les symbolistes. Selon eux, l’écrivain devrait créer une littérature difficile d’accès et ainsi ne pas courtiser un large public. Paul Valery est l’un des représentants les plus connu de cette approche et nous explorons dans cette thèse ces écrits sur la littérature et la culture, ainsi que sa réussite extraordinaire (et d’apparence paradoxale). Cette réussite lui a permis de développer des idées politiques telles que la définition de l’Europe et de s’exprimer sur les échanges culturels. Notre étude suggère que si des écrivains comme Valéry étaient célèbres et la littérature « difficile » qu’ils pratiquaient populaire, c’est grâce au rôle crucial joué par les critiques littéraires qui jouaient un rôle de médiateur. L’étude se termine en examinant la programmation littéraire à la radio en France durant les années 1930 et 1940. Les émissions étaient pour la plupart créées et maintenues non pas par les écrivains mais par les critiques littéraires. Leurs efforts, ainsi que la visibilité et les écrits de Valéry soulignant l’importance d’une littérature difficile et d’une civilisation raffinée ont aidé à maintenir la popularité et l’influence des écrivains en France jusqu’après la Deuxième guerre mondiale.