Thèse soutenue

Le péché dans l'oeuvre romanesque de Daniel Defoe : ambiguïtés et contradictions

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Auteur / Autrice : Hanène Braham
Direction : Serge Soupel
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Etudes du monde anglophone
Date : Soutenance en 2008
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Études anglophones (....-2009Paris)

Résumé

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Les oeuvres romanesques de Defoe retracent la déchéance morale de personnages qui sombrent peu à peu dans le péché, le vice et l’immoralité. Cette déchéance morale débute par des crimes justifiables par le besoin et la misère, mais elle se poursuit avec des crimes autres, que rien ne motive mis à part l’appât du gain. Defoe affirme que la narration de ces vies de pécheurs s’inscrit dans une visée moralisatrice bien déterminée : inspirer au lecteur l’horreur du péché et l’inciter à la vertu. Or les dénouements heureux qui clôturent la vie de ces êtres dépravés laissent planer un doute quant à l’objectif moralisateur prôné par l’auteur. En effet, en dépit de leurs crimes réitérés, les personnages de Defoe ne sont pas punis et connaissent une fin aussi paisible que prospère. Cette étude a pour objectif de démontrer que le souci majeur de Defoe n’est pas d’inciter les lecteurs à vivre selon les lois de la morale et de la religion, mais plutôt de leur indiquer la démarche à suivre pour atteindre la prospérité dans le monde des affaires et du commerce. L’analyse de l’oeuvre montre que les contradictions entre morale et argent dans l’oeuvre de Defoe sont résolues en faveur de l’argent. Accumuler les richesses, faire fructifier son capital sont les crédos de Defoe. Ces préoccupations purement matérielles relèguent au second plan toutes les autres considérations morales, éthiques et religieuses. Seul l’intérêt personnel compte et l’intégrité religieuse peut être sacrifiée lorsqu’il s’agit de réaliser la sécurité matérielle, telles sont les convictions profondes de l’auteur. Ce n’est que lorsque les personnages de Defoe assimilent ces règles qu’ils deviennent favorisés par Dieu, qu’ils obtiennent sa grâce et accèdent à la richesse. Ainsi, Ils finissent tous par incarner cet entrepreneur sage et avisé dont l’écrivain fait l’éloge dans The Complete English Tradesman.