Thèse soutenue

La théorie de la connaissance dans le Laghı̄yastraya d'Akalaṅka

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Auteur / Autrice : Anne Clavel
Direction : Christine ChojnackiGerdi Gerschheimer
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 2008
Etablissement(s) : Lyon 3
Partenaire(s) de recherche : autre partenaire : École pratique des hautes études (Paris ; 1868-....) - École pratique des hautes études. Section des sciences religieuses (Paris)

Résumé

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Cette étude reconstitue la théorie de la connaissance d'Akalaṅka, philosophe jaina digambara qui vécut en Inde au VIIIe S. Après J. -C. (720-780). Elle se fonde sur une édition critique préliminaire et une traduction du Laghı̄yastraya d'Akalaṅka et du Syādvādabhūṣaṇa, commentaire d'Abhayacandra (XIIIe s. ). Définissant le moyen de connaissance valide (pramāṇa) comme la connaissance certaine qui se connaît elle-même en même temps que son objet, Akalaṅka n'intègre pas à cette définition la fiabilité dans le domaine empirico-pratique. En effet, une connaissance acquise par des moyens empiriques est susceptible, selon le point de vue adopté, de décevoir le sujet, car elle n'a pas à elle seule la capacité de rendre compte adéquatement d'un état de choses. Seul l'omniscient peut connaître adéquatement une chose, car tous les étants s'entr'expriment. Dans la sphère empirico-pratique, la plus haute connaissance ne s'atteint que par des succédanés dont le parangon est la septuple prédication (syādvāda) laquelle ne contredit pourtant pas la possibilité de l'omniscience : elle s'applique exclusivement aux énoncés proférés d'un point de vue empirico-pratique. En vertu de la distinction entre ces deux ordres de connaissance, Akalaṅka propose une double architectonique des moyens de connaissance valide, qui fait opérer un glissement à la connaissance sensorielle : tandis qu'elle relève stricto sensu du moyen de connaissance indirect (parokṣa) parce qu'elle n'est pas une connaissance qui met uniquement en jeu l'âme, contrairement à l'omniscience, la clarté qui la caractérise permet toutefois de la tenir, au plan de la réalité empirico-pratique. Pour une forme de perception (pratyakṣa).