Thèse soutenue

Identification d’un inhibiteur sélectif PP1 aux propriétés anti-tumorales

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Auteur / Autrice : Aurélie Juhem
Direction : Andreï Popov
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie cellulaire
Date : Soutenance en 2008
Etablissement(s) : Université Joseph Fourier (Grenoble, Isère, France ; 1971-2015)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale chimie et science du vivant (Grenoble ; 199.-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut des neurosciences de Grenoble (Isère, France ; 2007-....)
Jury : Président / Présidente : Marc Block
Examinateurs / Examinatrices : Dimitrios Skoufias
Rapporteurs / Rapporteuses : Amélie Cappelaere-Lansiaux, Catherine Lindon

Résumé

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La chimiothérapie reste une des thérapies les plus utilisées pour lutter contre le cancer. Bien qu'il existe de nombreuses molécules anti-cancéreuses, il demeure un besoin constant de nouvelles drogues thérapeutiques plus efficaces et moins toxiques. Parmi l'ensemble des médicaments disponibles pour traiter les patients, « les poisons microtubulaires », qui agissent sur la tubuline et/ou les microtubules (MTs), sont largement utilisés puisqu'ils ciblent préférentiellement les cellules qui se divisent, en provoquant un arrêt en mitose et la mort cellulaire. Cependant, l'usage de ces drogues anti-tubuline est limité par la neurotoxicité périphérique qu'elles induisent et les phénomènes de chimiorésistance que les patients développent. Dans ce contexte, il devient évident de rechercher des molécules anti-mitotiques agissant sur de nouvelles cibles moléculaires. Par le biais d'un criblage phénotypique, nous avons identifié un dérivé d'isoquinoline, la molécule D5, qui perturbe la division cellulaire sans cibler directement la tubuline ou les MTs. La caractérisation de son activité in vitro sur les cellules HeLa, a montré, une perturbation de la cytocinèse par l'induction de protrusions au niveau des cellules mitotiques, entraînant la mort cellulaire. D5 déstabilise le réseau microtubulaire, un autre phénomène qui induit aussi un arrêt mitotique et la mort cellulaire. Des tests biochimiques et l'utilisation de siRNA, nous ont permis d'identifier la PP1 comme cible de D5. En parallèle, l'effet anti-prolifératif de D5 a été évalué sur un panel d'une dizaine de lignées cancéreuses humaines, et D5 a présenté une efficacité particulière pour les lignées de cellules cancéreuses suivantes : HTB-177, HeLa, 786-0, RT-112, U87, MCF7 et A549. Les études préliminaires de toxicité sur des souris nude ont montré que la drogue est tolérée in vivo, et ont permis de démarrer des tests pilotes sur des modèles de xénogreffes avec la lignée de carcinomes pulmonaires humains HTB 177. Ces premiers essais démontrent que la molécule est efficace per os chez la souris, provoquant une diminution de la taille des tumeurs par un phénomène de nécrose. L'ensemble de ces résultats met en évidence le potentiel de D5 en tant que candidat médicament et fournit la base pour son entrée dans des essais pré-cliniques et cliniques.