Thèse soutenue

Ecrire des fictions en vers au XIVème et XVème siècles : un problème esthétique et culturel

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Lunorsola Raffalli-Grenat
Direction : Jean-Jacques Vincensini
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 2008
Etablissement(s) : Corte

Résumé

FR  |  
EN

A La fin du Moyen-Age les fictions romanesques en vers se font rares. Parmi celles-ci, les narrations allégoriques utilisent le vers pour exprimer la subjectivité ; d’autres, c’est le cas du roman arthurien de Froissart, Meliador, justifient l’emploi du vers par une volonté nostalgique. En ce qui concerne les autres récits, le choix de l’écriture versifiée demeure totalement énigmatique. L’objectif de cette thèse est justement de comprendre pourquoi certains auteurs choisissent encore le vers pour écrire leurs fictions, alors que la prose est depuis le treizième siècle l’écriture du roman. Le corpus de cette étude comprend les œuvres suivantes : Le roman de Mélusine ou Histoire de Lusignan de Coudrette, Mélusine ou la Noble Histoire de Lusignan de Jean d’Arras, Le Roman de Richart, Richart sans Peur de Gilles Corrozet, Le Roman d’Eledus et Serene, Le Roman de la Dame à la Licorne et le Beau Chevalier au Lion, et Brun de la Montagne. Dans un premier temps, cette étude a révélé qu’avant le Moyen-Age flamboyant, les différences entre le vers et la prose dépassaient un cadre technique, esthétique et référentiel. Chacune de ces formes d’écriture correspond en effet à un choix thématique et culturel qui annihile vraisemblablement les prétentions de « vérité » affichées par la prose romanesque. Suite à cela, une comparaison entre les œuvres en vers du corpus et leurs versions en prose, a démontré que les derniers textes en vers paraissent désuets tant par leur forme que par leur constructions narratives. Ils se détachent ainsi des proses contemporaines plus ornées et plus détaillées, à l’image des goûts et des aspirations de l’aristocratie étincelante des quatorzième et quinzième siècles. Finalement les derniers récits en vers, derrière leur apparence surannée invitent le lecteur à s’extraire d’un passé littéraire trop influencé par le folklore et par le mythe. Elles s’opposent ainsi à une socialisation et à une christianisation de la merveille, proposant alors le démantèlement de la fusion entre la prose et la « vérité » du récit.