Stratégies de surveillance et de prévention des ectoparasitoses et de ses complications dans les populations sans domicile fixe
| Auteur / Autrice : | Sékéné Badiaga |
| Direction : | Philippe Brouqui |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Maladies transmissibles et pathologies tropicales |
| Date : | Soutenance en 2008 |
| Etablissement(s) : | Aix-Marseille 2 |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (Marseille ; 2008-2018) |
Mots clés
Résumé
Les conditions de vie précaires des personnes sans domicile fixe ainsi que leurs difficultés d’accès aux soins favorisent les maladies infectieuses. A Marseille, nous avons mis en place une stratégie de surveillance et de contrôle des infections cutanées et de leurs complications dans cette population. Des interventions ponctuelles annuelles ont été menées dans les centres d’hébergement. Nous avons observé une prévalence significativement plus élevée des poux de corps, de la gale, du prurit et des surinfections cutanées bactériennes. Un cas de typhus épidémique autochtone a été détecté chez une personne sans domicile fixe, alertant sur le risque d’une épidémie dans cette population. Les méthodes classiques de traitement des ectoparasitoses étant inefficaces dans les centres d’hébergement, nous avons évalué l’effet de l’ivermectine. Nous avons d’abord démontré dans une étude pilote l’efficacité transitoire de l’ivermectine dans le traitement de la pédiculose corporelle humaine dans un groupe de personnes sans domicile fixe d’un centre d’hébergement. Nous avons ensuite démontré dans une essai clinique randomisé, double aveugle et versus placebo, l’efficacité transitoire d’une dose unique d’ivermectine sur la réduction du prurit dans cette population. Ces résultats permettent d’émettre l’hypothèse qu’une administration systématique d’ivermectine (si possible associée aux mesures classiques) à toute personne sans domicile fixe se plaignant de prurit pourrait entraîner une réduction significative des ectoparasites et de leurs conséquences dans cette population. D’autres études sont nécessaires pour vérifier cette hypothèse.