Thèse soutenue

Les seigneuries du Montargois au XVIIIe siècle : vie économique et rapports sociaux : les enseignements de la pratique notariale

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Auteur / Autrice : Frédéric Pige
Direction : Brigitte Maillard
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 2007
Etablissement(s) : Tours

Résumé

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Les fiefs et seigneuries du Montargois témoignent au XVIIIe siècle d’une large diversité de situations. Ils se déclinent en des formes multiples auxquelles sont attachés les droits et des devoirs, plus ou moins étendus, régis par les coutumes de Lorris-Montargis et d’Orléans. Ces droits recouvrent deux réalités : une tradition féodale où la place éminente du seigneur est affirmée et une dimension financière qui fait de la terre noble un outil de production de richesses. Le droit de justice a quant à lui une place à part. A cette diversité de fiefs et seigneuries s’ajoute une grande variété de seigneurs puisque la propriété seigneuriale est accessible à tous. Ainsi, le marché des ventes de biens nobles est principalement animé par les élites laïques à la recherche des honneurs ou/et d’un investissement foncier. Contrairement à ce qui a été avancé par ailleurs, l’ancienne noblesse n’est pas dépouillée de ces terres mais elle connaît une extinction qui laisse la place vacante aux anoblis en quête d’intégration. Les demeures seigneuriales s’adaptent au goût du jour : les châteaux fortifiés perdent leurs attributs défensifs quand ils ne laissent pas entièrement place à une demeure alliant confort et prestige. L’exploitation financière des fiefs et seigneuries connaît elle aussi de nombreux changements qu’il convient de nuancer. Ainsi, l’augmentation générale des revenus résulte surtout de la hausse constante des prix des grains tout au long du siècle car l’introduction d’innovations techniques est encore trop rare. Le constat n’est pas le même concernant l’exploitation des droits seigneuriaux et féodaux. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, un personnel spécialisé recherche, pour les recouvrer, tous les anciens droits et dus. Ses objectifs sont de réaffirmer la place éminente du seigneur, d’assurer la conservation de tous ses droits et d’accroître ses revenus et ceux de ses fermiers. Il est difficile d’effectuer un bilan financier et humain de ces opérations ; cependant, il semble bien qu’elles aient contribué à éloigner encore plus les seigneurs des communautés villageoises toutes entières.