Thèse soutenue

L'univers romanesque de Calixthe Beyala : pour une illustration des orientations actuelles du roman féminin d'Afrique noire francophone

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Auteur / Autrice : Achille-Fortuné Manfoumbi Mve
Direction : Papa Samba Diop
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Lettres
Date : Soutenance en 2007
Etablissement(s) : Paris 12

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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De son point de départ en 1969 avec "Rencontres essentielles" de Thérèse Kuoh-Moukoury, jusqu'en 1987 lorsque paraît "C'est le soleil qui m'a brûlée" de Calixthe Beyala, le champ romanesque féminin d'Afrique noire francophone se caractérise majoritairement par une très grande pudibonderie, un certain conformisme idéologique et bientôt esthétique. De fait, à travers les neuf romans étudiés, il nous est apparu que la romancière déconstruit la phallocratie, au profit de l'avènement de la "clitocratie". Il s'agit d'un modèle de société sous influence matriarcale, dont le siège est lové dans la capacité érectile du pénis en miniature que constitue le clitoris. Tout comme la phallocratie repose sur la turgescence pénienne, le phallus. Cependant, réduire l'univers romanesque béyalien au terreau libidineux, dont il est communément et d'emblée assimilable, serait passer outre une masse non négligeable de suggestions esthétiques fécondes. En l'espèce, des figures marginales telles les prostituées, les fous, les nymphomanes et les bâtards rejoignent le centre du texte béyalien at par là même, la société. L'humanité dysfonctionnelle comme grille d'analyse de soi, des autres et du monde, celui dit "pôle institutionnalisé", voilà un des enjeux critiques phares que révèle la présente étude. Il en va de même, de la prépondérance chromatique, une distribution coloriste s'opérant essentiellement entre le Rose/Violet, le Blanc, le Noir, le Bleu, le Vert. Mais par dessus tout, le Jaune (très fortement rattaché au soleil et à son incandescence) et le Rouge. Couleur du sang, couleur de la "terre-mère", couleur du pouvoir, qui a échappé à la femme et que les héroïnes de Calixthe Beyala reconquièrent. Celles-ci q'appellent Andela, Beyala, Biloa, Gono ou Ngono. . . Patronymes souvent à forte charge symbolique, et déjà mystique, chez les Eton ; famille ethnique de la romancière et sous-groupe du grand groupe Béti-Boulou-Fang, dont nombre d'artifices, d'éléments des mythologies fondatrices sont revisitées. Veine créatrice orale, épique entre autres, traversant ainsi, personnages, lieux et structures narratives béyaliennes.