Thèse soutenue

Traduire la croyance : écriture et translation dans "Salammbô" de Flaubert

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Auteur / Autrice : Agnès Bouvier
Direction : Jacques Neefs
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 2007
Etablissement(s) : Paris 8

Résumé

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Pour Flaubert, écrire sur Carthage, c'est vivre la souffrance du traducteur. Dans sa correspondance, il présente les difficultés liées à la création littéraire en termes de traductologie, reprenant les positions du débat de son temps entre les partisans de la traduction littérale et ceux qui s’en tiennent à la tradition des "belles infidèles". Toute une partie de son travail documentaire pour Salammbô consistera ainsi à retrouver des éléments lui permettant de reconstituer la langue perdue de Carthage au cours d'enquêtes philologiques qui le rapprocheront de la nouvelle école critique venue d'Allemagne et dont les principaux représentants en France sont Ernest Renan et Alfred Maury. Pour retrouver le "punique", une branche de la famille des langues sémitiques si proche de l'hébreu que la plupart des érudits consultés par Flaubert proclament la quasi-identité des deux langues, le romancier se fonde sur une traduction littérale de la Bible, celle de Samuel Cahen, publiée de 1831 à1851. Cette proximité linguistique engage Flaubert à penser l'identité théologique entre les cultes carthaginois et les fondements du judéo-christianisme et à formuler l'équivalence "Jéhovah = Moloch", qu'on trouve mentionnée dans les avant-textes de Salammbô. Le recours au littéralisme occasionne donc une remontée en direction des croyances fondatrices de l'Antiquité, dont Flaubert cherche à reconstituer la production. Nous montrerons ainsi, par l'étude génétique du roman, comment Flaubert mobilise les savoirs qu'il rassemble pour donner le sentiment de lire un texte qui appartient au monde qu'il décrit et à l'idiome perdu qu'il recrée.