Us et abus de la terminologie musicale à propos des œuvres de littérature : l’emploi des métaphores musicales dans la critique littéraire de langue française et anglaise entre 1890 et 1940
| Auteur / Autrice : | Edith Vanel |
| Direction : | Jean-Louis Backès |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature comparée |
| Date : | Soutenance en 2007 |
| Etablissement(s) : | Paris 4 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Le propos de ce travail est d’étudier les usages, les significations et les fonctions du lexique musical dans les critiques littéraires française et anglaise de 1890 à 1940. Il s'agit de retracer les conditions dans lesquelles on en vient à déceler l'emprunt de structures musicales dans l'analyse des oeuvres littéraires, depuis les balbutiements de cette pratique dans la période symboliste jusqu’au repérage d’une forme symphonique ou fuguée dans les oeuvres de Proust, Gide,Woolf, Huxley ou Joyce. Dans une première période qui coïncide avec la fin du symbolisme en France (1890-1910), les nébuleuses métaphoriques gravitant autour des termes ''musique'', ''symphonie'' et ''leitmotiv'' permettent au discours critique sur la littérature de reposer différemment la question des rapports entre forme et signification et de s'émanciper des critères de la rhétorique classique. Entre 1910 et 1930, dans les milieux cosmopolites bergsoniens de la NRF, du Mercure de France, de the Athenaeum et du Times Literary Supplement, les métaphores de la symphonie et de l’harmonie participent comme métaphores de l'organique d’une lecture postromantique des oeuvres dans laquelle les notions de thème, de rythme et de variation déconstruisent les critères classiques d'intrigue, d'unité et de discontinuité. Bien que les métaphores musicales, dominées par les figures tutélaires de Beethoven, de Bach et de Wagner, restent entre 1930 et 1940 largement fondées sur l'usage du calembour, de l'antonomase et de l'hyperbole, les critères d'analyse musicologiques de la symphonie, de la variation et de la fugue s’intègrent progressivement au discours critique comme un outil de lecture formel et structurel, qui permet d’aborder les structures complexes et déroutantes des grands romans de la modernité.