Thèse soutenue

L' examen de l'allocation personnelle à la lumière de la doctrine sociale de l'église

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Auteur / Autrice : Odilon Tiankavana
Direction : Alain Leroux
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance en 2007
Etablissement(s) : Aix-Marseille 3

Résumé

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Face à la persistance du chômage, de la pauvreté et de l’exclusion, des difficultés de réinsertion pour les plus démunis et de l’érosion du lien social, les aptitudes du système français à faire sortir d’une « crise » économique et sociale sont contestées. Dès lors, on propose un autre dispositif d’assistance à travers un mécanisme de redistribution des aides sociales appelé « allocation personnelle ». Dès lors, la doctrine sociale de l’Église à qui l’on reproche son manque de réalisme et le vague dans son intervention sur les questions sociales et économiques, n’a-t-elle pas une opportunité à saisir dans ce dispositif compte tenu de certaines affinités philosophiques. C’est en tout cas la question que nous nous posons dans cette thèse. Pour mieux répondre à cette question, nous avons analysé dans un premier temps la doctrine sociale de l’Église et ses principes de la vie sociale. Cette doctrine est exprimée dans les encycliques et les discours des papes, ainsi que les documents des conciles et des épiscopats. Ces principes de justice, l’Église les puise dans l’enseignement du Christ et ses traditions. La justice vise en premier lieu la généralité et l’universel en s’exprimant dans la loi. Alors que la charité peut exprimer le désintéressement et la générosité de chacun. Cependant, l’action caritative, telle qu’elle se donne à voir et à comprendre a son caractère essentiellement ponctuel et gratuit. En tant que principe éthique et social, il faut mettre en œuvre institutionnellement la solidarité dans l’organisation. Car, la vie sociale requiert une organisation très variée et des fonctions fort diverses. D’ailleurs, une solidarité qui ne serait pas universelle ne ferait que constituer des groupes antagonistes et susciter des rivalités voire des oppositions violentes. Par conséquent, avec la solidarité il faut viser l’égalité, l’impartialité dans la mesure où des institutions se révèlent capables d’établir des solidarités et construisent et perpétuent l’ordre social. Pour notre part nous soutenons que la solidarité et la charité restent complémentaires. Dans une deuxième partie, nous avons examiné dans quelle mesure l’allocation personnelle, étant, comme nouvel dispositif de redistribution des aides sociales, conçu pour lutter contre la pauvreté proposée par A. Leroux satisfait cette complémentarité et est compatible avec la doctrine sociale de l’Église. L’allocation personnelle est égale pour tous. Ainsi, l’unique fonction de chaque mutuelle est la redistribution des allocations de base à ses membres car l’allocation de base n’est pas versée directement à la personne mais à la mutuelle de redistribution à laquelle la personne a choisi d’adhérer. Ce dispositif engage tout un travail d’accompagnement qui privilégie une relation de proximité à travers ce que A. Leroux appelle un dialogue confidentiel. Dans cette lutte contre la pauvreté, la doctrine sociale de l’Église se trouve en dialogue avec l’allocation personnelle par intermédiaire de la philosophie personnaliste d’E. Mounier. Par ailleurs, l’Eglise possède une solide expérience en ce domaine social et elle saurait évaluer la pertinence de cette initiative si elle était mise en œuvre. Elle suscite et accompagne les gestes de charité et les démarches de solidarité avec beaucoup d’intelligence en privilégiant le dialogue dans des relations de proximité. Nul doute que le projet de l’allocation personnelle s’inscrit dans cette logique de participation où le rôle des bénévoles demeure essentiel. Notre conclusion mentionne les limites de l’allocation personnelle et propose des mesures notamment celle de dépasser la solution monétaire pour mieux remédier aux causes profondes de la pauvreté dont les caractéristiques sont multidimensionnelles. Quant aux mutuelles de redistribution, elles peuvent être un espace du lien social et du partage de connaissance ainsi que de l’auto-accomplissement.