Philosophie postmétaphysique et construction théorique chez Jürgen Habermas
| Auteur / Autrice : | Jean-Marc Durand-Gasselin |
| Direction : | Jacques Bidet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Soutenance en 2006 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
Mots clés
Résumé
Notre travail poursuit deux buts inégaux et articulés. Il s'agit, tout d'abord, d'essayer de suivre, en partant d'hypothèses appropriées, le mouvement d'ensemble de la construction habermassienne, de là il s'agit de réexaminer trois reproches classiques qui ont accompagné sa réception, en France et ailleurs : son caractère idéaliste (transparence, optimisme), son caractère de philosophie de l'histoire (méta-récit, néo-évolutionnisme), et son éclectisme (synthèse molle ou improbable). Nous partons donc de l'hypothèse que Habermas se fait une idée précise et consistante, marquée par la lecture précoce de Löwith, à la fois de ce à quoi la philosophie ne peut plus prétendre dans une période postmétaphysique qui lui interdit toute voie d'accès privilégié à la vérité ainsi que toute synthèse du savoir, mais aussi de ce qu'il reste de son rôle et de la manière dont elle peut espérer construire des solutions susceptibles d'orienter la pratique. Prenant en charge une reconstruction du marxisme comme théorie critique, Habermas assume les contraintes multiformes de ce travail théorique faillible qui doit multiplier les corroborations latérales en s'appuyant à la fois sur le travail historique, sur les mises en perspective herméneutiques de l'histoire de la théorie, et sur une construction conceptuelle guidée par l'image du puzzle. Suivant ainsi les pistes de ce chantier complexe qui fait primer la continuité, il devient possible de réévaluer précisément les places que tiennent pour lui les références auxquelles on veut le réduire (Kant ou Apel, Hegel ou Parsons etc. ), mais aussi la densité et la cohérence d'un puzzle irréductible au manteau d'Arlequin.