Etude du rôle de la sarcolectine dans le développement tissulaire et le système immunitaire
| Auteur / Autrice : | Jean-Pierre Mbika-Binzangi |
| Direction : | Christophe Chanoine |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Biologie cellulaire et moléculaire |
| Date : | Soutenance en 2006 |
| Etablissement(s) : | Paris 5 |
Mots clés
Résumé
La sarcolectine (SCL) a été isolée pour la première fois en 1968. C’est une protéine de 55 kDa composée de 469 acides aminés. Elle fut d’abord appelée TAI (Tissue Antagonist of Interferon) parce qu’elle lève l’activité antivirale établie de l’interféron. La sarcolectine se trouve en quantité anormalement élevée dans beaucoup des tumeurs et outre l’inhibition de l’activité antivirale établie de l’interféron, elle se fixe sur de nombreux sucres et maintient en culture des lignées cellulaires dans un milieu exempt de sérum de veau fœtal. La sarcolectine est donc un facteur de croissance qui active l’ADN cellulaire et induit la prolifération cellulaire. Dans ce travail, nous avons exploré le rôle qu’elle peut jouer dans le système immunitaire humain. Le traitement de 30 échantillons de cellules mononucléaires de sang périphérique avec la SCL montre que certains répondent faiblement et d’ autres fortement. Le pic d’activation qui survient entre 6 et 7 jours de culture de ces cellules nécessite la présence des monocytes/macrophages car en leur absence les lymphocytes T ne prolifèrent pas. La SCL augmente aussi l’expression membranaire du récepteur de l’IL-2 (CD25), du récepteur CD28 de co-stimulation des lymphocytes T4, et active les lymphocytes T4 mémoires de phénotype CD3+CD4+CD45RO+. Cette activation du récepteur CD25 de l’IL-2 ne s’accompagne pas de la sécrétion de l’IL-2 dans le milieu de culture. Le traitement des cellules mononucléaires du sang périphérique avec la SCL et les anticorps anti-CD3 et anti-CD28 montre une inhibition totale ou partielle de prolifération des lymphocytes T. Nous avons aussi constaté que la SCL est un bon inducteur des cytokines pro et anti-inflammatoires. Elle induit aussi l’augmentation des ARNm qui codent pour l’IFN- et l’IFN-, ainsi que la sécrétion de ces cytokines dans le milieu de culture des cellules mononucléaires de sang périphérique. Cette production des IFN dans le milieu de culture est précoce quand les cellules sont activées en présence de l’IL-2 exogène. ’autre part, nous avons aussi établi que la SCL active les récepteurs de la réponse immunitaire innée présents à la surface membranaire des cellules du système immunitaire, plus spécialement les récepteurs de type Toll ou TLRs et en l’occurrence TLR-3 et TLR-9. TLR-3 reconnaît les dsRNA viraux, tandis que TLR-9 reconnaît les motifs CpG non méthylés des ADN bactériens et viraux. Le traitement prolongé des cellules mononucléaires de sang périphérique montre également la sécrétion de novo de la SCL qui agit en feed-back contre l’interféron produit dans le milieu de culture, formant une boucle d’activation/inhibition du système immunitaire. En résumé, la SCL peut être considérée comme un immunomodulateur qui stimule les cellules immunitaires, active les TLRs 3 et 9 et produit des cytokines pro et anti-inflammatoires.