Misericordia non tollit iustitiam : l'enjeu épistémologique de la question de la justice divine chez Thomas d'Aquin
| Auteur / Autrice : | Eunsil Son |
| Direction : | Ruedi Imbach, Gilles Berceville |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire des religions et anthropologie religieuse |
| Date : | Soutenance en 2006 |
| Etablissement(s) : | Paris 4 |
| Partenaire(s) de recherche : | Autre partenaire : Institut catholique de Paris. Faculté de théologie et de sciences religieuses. Cycle des études du doctorat (1881-....) |
Mots clés
Résumé
Les divers développements sur la justice de Dieu que propose Thomas d’Aquin dans ses œuvres offrent un accès privilégié à l’intelligence de son épistémologie théologique. D’une part, les trois textes systématiques consacrés ex professo à notre sujet (Sent. IV, 46, SCG I, 93 et ST I, 21) expliquent la justice de Dieu comme justice distributive manifestée dans la création. D’autre part, dans le Commentaire de l’Epître aux Romains, il est question de la justice de Dieu révélée dans l’Évangile, qui consiste dans la justification des pécheurs. C’est à la lumière de la bonté de Dieu, source commune de la nature et de la grâce, que Thomas conçoit l’articulation entre ces deux acceptions relevant respectivement de la connaissance naturelle et de la connaissance de foi : elles ne s’opposent pas, mais la seconde présuppose la première et la dépasse. Cette approche est révélatrice de la conception thomasienne du savoir théologique, conforme au modèle aristotélicien de l’épistémé (connaissance par la cause) et harmonisant raison et foi, contrairement à un modèle moderne hérité de Luther, qui dominera par la suite.