Thèse soutenue

Une approche analytique de la philosophie des droits de l’animal

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Auteur / Autrice : Philippe Devienne
Direction : Alain Renaut
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance en 2006
Etablissement(s) : Paris 4

Résumé

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L’animal a un rôle social, économique et affectif essentiel dans les sociétés humaines. Néanmoins, l’animal a-t-il des droits dans une société qui l’élève dans des conditions industrielles, qui expérimente sur lui, qui le consomme sans état d’âme, qui autorise les corridas ? L’auteur propose de montrer à partir des thèses de Wittgenstein, d’Austin, de Cavell et de Putnam que, lorsque les protagonistes du droit de l’animal et leurs détracteurs utilisent la science, la technique ou la métaphysique, ils ne peuvent non seulement parler pour l’animal, mais, en fait, ils parlent pour « moi ». Un examen de l’histoire de la philosophie des droits de l’animal révèle que bien des chemins humains de la pensée philosophique sur l’animal, avec leurs représentations et constructions conceptuelles humaines, s’égarent puisque ces chemins ne retiennent qu’un aspect de l’animal qui nous fait perdre le lien que nous avons avec lui. La philosophie du langage ordinaire décrit au contraire l’intimité de nos mots dans notre relation à l’animal, révélant non seulement une relation connaissante, mais aussi notre engagement envers lui dans notre société humaine, avec notre dimension humaine. Poursuivant dans ce chemin autour de la question de l’accord et du désaccord de nos mots dans le langage, deux approches politiques sont retenues, celle d’un accord sur le langage qui montre à quel point la pensée peut se désenclaver dans une position pragmatiste sur l’animal, et celle d’un accord dans le langage, celui dans lequel je (chacun de nous) suis le lien entre l’animal et ma société. Ces deux positions débouchent sur une éthique de l’altérité envers l’animal.