Approches phylogénétiques et bioinformatiques pour l'analyse de la coévolution à l'échelle moléculaire
| Auteur / Autrice : | Julien Dutheil |
| Direction : | Pierre Boursot, Nicolas Galtier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Biologie des populations et écologie |
| Date : | Soutenance en 2006 |
| Etablissement(s) : | Montpellier 2 |
Mots clés
Résumé
Nous abordons dans cette thèse le problème de l'interdépendance entre les différentes positions au sein des bio-séquences, acides nucléiques et protéines. L'idée que les différentes positions d'une molécule (les sites) évoluent de manière non-indépendante (on dit qu'elles coévoluent) est couramment admise, du fait des mécanismes biochimiques qui sous-tendent la structure de ces molécules. Le mécanisme généralement invoqué pour expliquer la coévolution moléculaire est que les molécules subissent des mutations compensatoires: une mutation au niveau d'un site peut compenser la baisse de valeur sélective engendrée par une mutation désavantageuse au niveau d'un autre site. Plusieurs approches ont été proposées afin de mettre en évidence des sites coévoluant à partir d'un alignement de séquences, qui ont été appliquées à des jeux de données spécifiques. Leurs conclusions sont parfois contradictoires et sans degré de généralité. Ces approches souffrent de plus de lacunes méthodologiques et de défaut d'implémentation, ce qui prohibe leur usage, particulièrement à l'échelle génomique. Après avoir éclairci les différents problèmes méthodologiques à prendre en compte, nous présentons une nouvelle méthode de détection. Par l'étude détaillée de trois jeux de données, nous montrons qu'elle permet de mettre en évidence des groupes de sites ayant une histoire évolutive corrélée. Nous mettons également ces sites en relation avec la structure et la fonction des molécules. Nous utilisons finalement une approche génomique pour caractériser la coévolution à l'échelle des génomes, en appliquant la méthode sur 523 jeux de données bactériens. Nous montrons qu'il existe un fort signal de coévolution, dont la mise en relation avec la structure des protéines constitue une perspective à court terme