Thèse soutenue

Système sylvicole, exploitation forestière : impacts respectifs sur l'état de conservation d'habitats forestiers planitiaires atlantiques

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Auteur / Autrice : Arnault Lalanne
Direction : Jean-François Ponge
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Ecologie forestière. Ecologie, biologie des populations
Date : Soutenance en 2006
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la nature et de l'Homme - Évolution et écologie (Paris)
Jury : Président / Présidente : Frédéric Bioret
Examinateurs / Examinatrices : Hugues Claessens, Alain Brêthes
Rapporteurs / Rapporteuses : Annik Schnitzler-Lenoble, Freddy Devillez

Résumé

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La directive européenne « Habitats, Faune, Flore » exige des états membres de l’union européenne de faire une évaluation de l’état de conservation des habitats inscrits à l’annexe I de cette directive et présents au sein de leurs sites, constituant le réseau Natura 2000. En France, le premier gestionnaire de sites du réseau Natura 2000 se trouve être l’Office National des Forêts, qui a en charge 20% des sites Natura 2000. Or se pose pour cet organisme la question de savoir si la gestion forestière qu’il pratique est compatible avec les exigences de la directive, à savoir maintenir dans un bon état de conservation les habitats présents dans les sites dont il a la charge. L’objectif de cette thèse est dans un premier temps de définir en quoi consiste un bon état de conservation puis de voir, au travers de quelques exemples pris dans des forêts du Bassin parisien, l’impact de la gestion forestière sur l’état de conservation des habitats forestiers. Les indicateurs utilisés sont la flore herbacée et la flore bryophytique humo-terricole, au travers de l’approche phytosociologique sigmatiste, et les formes d’humus par le biais du « Humus Index » et de l’épaisseur des différents horizons holorganiques. L’échantillonnage a été effectué dans différentes unités de gestion décrivant des cycles sylvicoles (approche synchronique) en conditions stationnelles homogènes. Pour l’habitat « Hêtraie-Chênaie atlantique acidiphile » (DH 9120), nous présentons un exemple de conversion de taillis-sous-futaie en futaie régulière, avec comme essence objectif le chêne sessile, et un exemple de hêtraie acidiphile dont la sylviculture est dynamisée. Pour l’habitat « Hêtraie de l’Asperulo-Fagion » (DH 9130), le travail est réalisé sur un ensemble de trois massifs forestiers relevant du même syntaxon mais appartenant à trois régions forestières naturelles différentes. On mesure également dans ce cas les effets de la dynamisation de la sylviculture. D’une manière générale, si la richesse spécifique augmente sous l’influence des nouvelles pratiques sylvicoles, cet accroissement de la biodiversité se fait au détriment des espèces bryophytiques et cormophytiques caractéristiques des habitats forestiers étudiés. Une des explications relève de l’état de surface du sol, fortement affecté par le passage des engins d’exploitation, qui génèrent entre autre le tassement des sols forestiers. Ce tassement est défavorable notamment aux géophytes, qui constituent une part importante du pool des espèces caractéristiques des habitats. Une autre explication tient dans la dynamisation de la sylviculture. Celle-ci se traduit par une diminution du matériel dendrologique sur pied, donc un changement au niveau du micro-climat stationnel (plus de lumière, une hygrométrie de l’air plus faible). Or, les espèces typiques des habitats forestiers sont des hygro-sciaphiles. Un autre résultat important concerne la forme d’humus. Cette dernière indique que les processus d’humification et de minéralisation de l’épisolum humifère sont plus rapides avec les nouveaux modes sylviculturaux. On peut émettre l’hypothèse que l’arrivée plus importante de lumière au sol favorise ces processus biologiques. Enfin, le dernier point qui mérite d’être souligné concerne l’échelle de validité de ces résultats. L’exemple des hêtraies neutroclines indique que l’échelle de validité et de transposition des résultats à d’autres massifs forestiers correspond à celui de la région naturelle