Thèse soutenue

La Vie de saint Julien l'hospitalier : édition critique et étude comparée des deux versions médiévales françaises en prose et en vers

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Auteur / Autrice : Sandra Ducruet
Direction : Jean-Pierre Perrot
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langage, littératures, sociétés
Date : Soutenance en 2006
Etablissement(s) : Chambéry

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La Vie de saint Julien l'hospitalier relève largement d'une création littéraire qui, autour du personnage d'un saint fictif, cristallise dès le Moyen-Age aussi bien des motifs hagiographiques caractéristiques que des éléments de nature mytho-folklorique. La tradition médiévale est représentée par deux versions connues dès le XIIIe siècle : une Vie en vers, dont il ne reste qu'un seul témoin à peu près complet, ainsi qu'un fragment, et une version en prose, qui a pris place dans vingt-trois manuscrits au sein de légendiers français méthodiques. Il semblerait que ces deux versions dérivent d'un même roman octosyllabique, aujourd'hui perdu. Une étude comparative systématique s'imposait. Pour ce faire, nous proposons une édition critique des deux versions, la Vie en vers ayant fait l'objet d'une édition déjà ancienne, la Vie en prose relevant de son côté d'une tradition manuscrite complexe et nécessitant qu'on s'appuie sur un manuscrit de base déterminé après reconstitution de l'ensemble du "stemma". Au-delà des éléments propres à la genèse progressive de la légende, on se propose de prouver que les deux Vies françaises sont adaptées d'un même original, et illustrent de façon exemplaire les thèmes du péché et de la rédemption, et partant de la "felix culpa", mais aussi celui de la responsabilité partagée au sein du couple. On se propose aussi d'en étudier les différences, importantes au demeurant, et, en les analysant au regard des contextes littéraire, sociologique, historique et religieux, de montrer qu'elles répondent à des objectifs éditoriaux et à des proets d'écriture différents : la Vie en vers, plus romanesque, insistant sur la nature peccamineuse de l'homme, et introduisant le personnage du bourgeois ; le Vie en prose se conformant davantage au modèle classique du martyr, et valorisant davantage la mansuétude divine.