Production des métalloprotéinases par les cellules souches hématopoïétiques saines et leucémiques : Rôle du micro-environnement cellulaire
| Auteur / Autrice : | Rassa Pégahi |
| Direction : | Marek Lamacz |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Biologie cellulaire et moléculaire |
| Date : | Soutenance en 2005 |
| Etablissement(s) : | Rouen |
Résumé
Les métalloprotéinases (MMPs) jouent un rôle crucial dans la migration des cellules souches hématopoïétiques saines (CSH) et malignes (LAL pré-B). La production de ces enzymes est régulée par de nombreux facteurs tels que les cytokines, les chémokines et d'autres éléments de la matrice extracellulaire (MEC). Dans ce travail, nous avons tout d'abord montré que l'acide hyaluronique (AH) comme la chimiokine SDF-1 induisait la production des MMPs par les progéniteurs CD34+ sains. Cette production est associée à une augmentation du calcium cytosolique. Contrairement à l'effet stimulateur de l'AH, celui du SDF-1 est dose dépendante. Nous avons également montré que les cellules CD34+ exprimaient la protéine membranaire Syndecan-4, un nouveau récepteur sélectif de SDF-1. D'autre part, nous avons étudié l'activité sécrétoire des cellules leucémiques pré-B LAL provenant de la moelle osseuse (MO) et du sang périphérique (SP) d'enfants malades. La production basale des MMPs ainsi celle stimulé par les cytokines (SDF-1, GM-CSF, b-FGF et VEGF) a été évaluée. Parallèlement l'expression génétique de ces gélatinases au niveau transcriptionnel a également été étudiée. Une large hétérogénéité a été observée parmi les patients étudiés. Les cytokines b-FGF et VEGF se sont révélées comme des stimulateurs de la production des MMPs, avec une préférence pour la MMP-2 tandis que le GM-CSF induisait essentiellement la production de la MMP-9, notamment dans les cellules du SP. Nous nous sommes intéressés aux mécanismes moléculaires de ces réponses cellulaires en utilisant des inhibiteurs spécifiques des trois voies de signalisation (NFkB, MEK1 et PI3K). L'expression de la MMP9 empruntait la voie de MEK1/PI3K tandis que celle de la MMP2 semblait être indépendante des voies étudiées. Nous avons mis en évidence que tous ces effets stimulateurs étaient calcium dépendants. De plus, b-FGF semblait favoriser la prolifération des cellules leucémiques en augmentant leur survie. A la suite de ces résultats, nous avons recherché si les cellules LAL pouvaient elles-mêmes produire ces cytokines stimulatrices de façon autocrine. Nous avons détecté la présence de l'ARNm de VEFG dans les cellules pré-B chez la majorité des patients étudiés. L'ARNm de VEGF-R1 a été observé pour tous les patients, alors que ceux de VEGF-R2 et VEGF-R3 ont été détectés chez une partie des patients. L'ensemble de ces résultats indique que les différents éléments de la MEC étudiés dans ce travail (AH, SDF-1, GM-CSF, b-FGF et VEGF) jouerait un rôle important dans la migration des cellules souches saines et leucémiques via leur action régulatrice sur la production des MMPs. Ce travail constitue une base pour suggérer de nouvelles stratégies thérapeutiques.