Thèse soutenue

Le goût du risque : modes d'engagement et rapports sociaux de sexe dans les pratiques sportives à risque

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Auteur / Autrice : Nicolas Penin
Direction : Catherine Louveau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du sport
Date : Soutenance en 2005
Etablissement(s) : Paris 11
Partenaire(s) de recherche : autre partenaire : Université de Paris-Sud. UFR STAPS d'Orsay (Essonne)

Résumé

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Les pratiques sportives à risque cultivent les paradoxes. D’abord parce qu’elles semblent être en totale contradiction avec la préoccupation sécuritaire des sociétés occidentales contemporaines. Ensuite parce qu’elles donnent à voir un déséquilibre entre ce qu’il y a à perdre et ce qu’il y a à gagner. Car dans ces sports, la vie est engagée. La « raison » peine donc à rendre intelligibles ces pratiques. L’engagement dans les sports à risque plus étonnant encore lorsqu’il est celui d’une femme. Beaucoup moins que les hommes, elles investissent ces terrains qui s’apparentent à de véritables « fiefs de la virilité » (Elias et Dunning, 1994). Et même lorsqu’hommes et femmes choisissent des disciplines communes, leurs trajectoires ne se confondent pas. Les modes de production de l’engagement des femmes dans les sports à risque ressemblent peu à ceux que connaissent les hommes. Pas plus d’ailleurs leurs modes de pratiques ne se superposent. En particulier, les prises de risque différencient nettement les façons de faire. Et non seulement le risque produit de la séparation mais il fonctionne également comme un principe classant qui hiérarchise. En ce sens, il façonne largement la production des rapports sociaux de sexe. Attaché à la virilité, le risque participe également à la production des hommes et du masculin ainsi qu’il contribue à asseoir et à légitimer ce qui se donne à voir comme la domination d’un sexe sur l’autre, la domination masculine. Mais cette domination n’est ni totale, ni naturelle, ni immuable. C’est une construction sociale, produite par la rencontre de deux groupes antagonistes. Dès lors les résistances existent et participent à la définition du genre.