Thèse soutenue

Du naturel du produit à la production de la nature : les agneaux de parcours du Parc national des Cévénnes, figure d'une protection de la nature négociée

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Auteur / Autrice : Julien Blanc
Direction : Marie Roué
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie de l'environnement
Date : Soutenance en 2005
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la nature et de l'Homme - Évolution et écologie (Paris ; 1995-....)
Jury : Président / Présidente : Robert Barbault
Examinateurs / Examinatrices : Nicole Mathieu
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Paul Billaud, Raphaël Larrère

Résumé

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Cette recherche prend pour objet l’un des cas les plus aboutis de coopération entre le Parc national des Cévennes et des éleveurs ovins producteurs d’agneaux de boucherie. Ce partenariat constitue une expérience en droite file des nombreuses démarches de qualification de produits agricoles qui s’observent en France et en Europe, avec comme particularité de tenter, dans le même temps, de répondre à des enjeux de gestion de la biodiversité. Nous montrons en premier lieu comment ce partenariat s’inscrit dans l’évolution des politiques de conservation de la nature allant de la protection d'une nature remarquable au développement durable et à la conservation de la diversité biologique. Nous montrons également comment il est destiné, localement, à promouvoir un mode de pastoralisme alternatif au modèle dominant d’élevage qui, bien que « raisonné » et visant lui aussi le segment des marchés de la qualité, montre des limites du point de vue de la problématique environnementale. Nous analysons ensuite comment et au gré de quels compromis, une telle coopération permet de concilier mieux qu’ailleurs production et conservation de la diversité biologique. Nous analysons finalement comment ce partenariat s’inscrit dans un ensemble cohérent de choix stratégiques (systèmes économes, circuit court, collectif restreint) pour des petits producteurs en quête d’autonomie et cherchant à mieux valoriser le produit de leur travail. Les engagements pratiques de ces éleveurs sont analysés à la lumière de leurs histoires personnelles et familiales ainsi que de leurs situations productives. Les tensions qui traversent la démarche et divisent les éleveurs dans les choix d’organisation et de mise en marché de la production sont identifiées. Les réponses individuelles à ces tensions et les conséquences sur la dynamique du groupe sont discutées. Cette thèse participe d’une mise à l’épreuve empirique du discours aujourd’hui dominant sur le développement durable. Elle questionne l’accompagnement par les pouvoirs publics de formes alternatives d’agriculture et d’organisation de producteurs et offre une réflexion sur la question des Parcs nationaux, confrontés de nos jours à la nécessité d’inventer de nouveaux modes de gouvernement de la nature et de trouver leur place dans le cadre des années « développement durable »