Thèse soutenue

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Auteur / Autrice : Edgar Gutierrez
Direction : Marie RouéClaudine Friedberg
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Ethnoécologie
Date : Soutenance en 2005
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle

Mots clés

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Résumé

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L'objectif de cette thèse est de mettre en évidence comment une communauté amérindienne arawak de l'Amazonie vénézuélienne se représente son milieu et les pratiques qu'elle applique dans la gestion des espaces et des écosystèmes. Les données réunies dans ce travail, à caractère interdisciplinaire, tentent de répondre aux différents types de problèmes qui se posent dans la délimitation d'un territoire indigène, en particulier par rapport à sa construction sociale. Pour cela, ce mémoire consacre une première partie à présenter des généralités sur le contexte géographique, écologique, historique et culturel de l'ouest de l'Amazonie vénézuélienne où est établie la communauté autochtone qui a fait l'objet de notre étude. Puis, il présente un tableau général du cadre de vie des habitants de La Comunidad, en discutant brièvement de leur appartenance ethnique et des différents types de responsabilité dans la vie sociale. Leur vie religieuse a été également abordée, dans la mesure où elle a une incidence sur la gestion des ressources naturelles. Plusieurs variables culturelles se combinent dans la représentation que les habitants se font de leur territoire et la connaissance qu'ils en ont. Tout d'abord, nous avons rassemblé des données historiques sur l'occupation de l'espace par les habitants de La Comunidad. Puis nous exposons l'influence des variations spatio-temporelles des facteurs hydriques et climatiques sur la saisonnalité des disponibilités qualitatives et quantitatives des ressources floristiques et faunistiques et leurs relations avec les activités productrices. Nous présentons ensuite les différentes catégories écologiques reconnues par les habitants dans leur environnement en relation avec l'utilisation du territoire. Puis nous examinons la façon dont les habitants de la Comunidad se représentent leur territoire et prennent en compte les relations avec les êtres spirituels. Enfin, nous examinons la résultante sur la représentation qu'ils se font de leur territoire, de la combinaison de tous ces éléments alliant observations et imaginaire. Nous terminerons par un exposé sur l'analyse des différents droits de propriété, des droits d'usage et des modalités d'appropriation du territoire et des ressources, en regard de droits exprimés par la législation de l'Etat vénézuélien. Les deux derniers chapitres sont consacrés à des généralités sur l'alimentation pour, ensuite, examiner en détail son rapport avec les différentes pratiques liées à l'utilisation du milieu : l'agriculture, la pêche, la chasse, la cueillette et le ramassage. La conclusion souligne la difficulté des populations indigènes à faire concorder au mieux leurs représentations du territoire qu'elles revendiquent, avec des règles d'accès précises, et une logique administrative de l'Etat qui leur est étrangère. Cette (La) pression extérieure à leur monde les amène actuellement à réduire l'espace de production et de prélèvement des ressources alimentaires et, par conséquence, la durabilité de l'agriculture et la transmission de leurs savoirs, mais pas les espaces soumis à l'influence des êtres spirituels.