Thèse soutenue

La nation, la guerre et l'exilé : représentations, politiques et pratiques à l'égard des réfugiés, des internés et des prisonniers de guerre dans l'Ouest de la France durant la Première guerre mondiale

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Auteur / Autrice : Ronan Richard
Direction : Jacqueline Sainclivier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Rennes 2

Résumé

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De 1914 à 1918, l'Ouest de la France accueillit une masse de populations déplacées. Parmi elles, les réfugiés et les prisonniers civils et militaires constituaient les contingents les plus nombreux. Le sentiment national impliquait à leur égard l'intégration gratuite et spontanée des compatriotes réfugiés et le rejet répressif des étrangers de nations ennemies. Les réfugiés, perçus comme " étrangers " au cadre local, reçurent généralement un accueil solidaire tandis que les originaires de nations ennemies furent tout de suite considérés comme " indésirables ". A partir de la fin de l'année 1914, la ruine des illusions de guerre courte et le retour en force des préoccupations matérielles et de main d'œuvre à l'arrière entraînèrent une progressive évolution des représentations et des attitudes. Les réfugiés furent de moins en moins bien spontanément accueillis et souvent cantonnés dans des locaux collectifs alors que les prisonniers civils et militaires furent massivement intégrés dans l'économie locale et appréciés en tant que travailleurs. Cette évolution tend à démontrer qu'au début de ce siècle, le sentiment national était un idéal taillé pour une guerre courte.