Thèse soutenue

Contribution à une anthropologie de la maladie à Tahiti : pour une médiation entre les mondes de soins et en ethnopsychiatrie

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Auteur / Autrice : Simone Grand
Direction : Serge Dunis
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropologie
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Polynésie française

Résumé

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L'objectif est de réaliser une médiation entre l'ethno-médecine polynésienne toujours présente bien qu'illégale et la médecine scientifique. Préciser les définitions, interroger la pratique et les lieux, élaborer des hypothèses, telle a été la démarche. Qui est donc cet insulaire océanien, jadis descendant de divinités et devenu "primitif" des Européens et des Asiatiques ? Dire son identité indigène et/ou métisse et revendiquer sa spiritualité, c'est aussi dire des blessures de l'Histoire. Cette étude bénéficia de l'accueil du laboratoire Imago mundi du Professeur Serge Dunis, du dispositif ethnopsychiatrique lié au Centre George Devereux (Université de Paris VIII) et du Pacific regional indigenous doctor's congress. Un métis étudiant sa société se doit de résoudre l'entorse à la dualité radicale exigée en anthropologie. Furent interrogés à Tahiti, 42 guérisseurs, 20 médecins et des patients. A Hawaii et en Nouvelle-Zélande, 5 guérisseurs en chaque archipel ainsi que des médecins ont été rencontrés. Traduire correctement les mots des maux, des soignants et des soins permet d'accéder au modéle "ontologique/relationnel" (Laplantine) de la pensée polynésienne de la maladie. Si les actes bénéfiques sont ignorés, les actes nocifs aboutissent au Tribunal et révèlent l'amnésie, les lacunes de transmission et l'absence de lieu de référence culturelle. Si la culture ne soigne pas, l'absence de culture peut tuer. En consultation ethnopsychiatrique s'énonce le vécu douloureux des sacrés antagonistes et s'initie la réconciliation des origines. L'ethnomédecine polynésienne préventive et curative gagnerait à être considérée avec lucidité et sérénité. Cette étude ouvre des axes de recherche en pharmacologie, en soins et en anthropologie médicale. Ce qui confirme l'annonce du taha'a Viri : "Ce travail. . . N'aura pas de fin. " Teie ohipa. . . Aite tana e hope'a.