Flux de gènes et structure génétique de Dicorynia guianensis en forêt tropicale humide
| Auteur / Autrice : | Céline Latouche-Hallé |
| Direction : | Antoine Kremer |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences biologiques |
| Date : | Soutenance en 2004 |
| Etablissement(s) : | Paris 11 |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Dicorynia guianensis est un arbre de la canopée, endémique de la forêt tropicale humide guyanaise. Tous les adultes reproducteurs situés sur un dispositif de 40 ha, ainsi que 375 juvéniles, et 246 graines provenant de 22 arbres reproducteurs ont été récoltés puis génotypés, à l'aide de 6 marqueurs microsatellites nucléaires, et d'une combinaison PCR-RFLP chloroplastique. Comme la majorité des espèces forestières tropicales, la diversité nucléaire intrapopulation est plus faible que celle des arbres des forêts tempérées. Quel que soit le génome considéré, la différentiation génétique est plus prononcée entre les agrégats qu'entre les cohortes. La structure spatiale est plus importante pour le marqueur chloroplastique, suggérant une forte asymétrie entre les flux de pollen et de graines. De plus, Dicorynia montre un niveau élevé de diversité intrapopulation chloroplastique. Un tel maintient de plusieurs haplotypes est attendu si les agrégats sont issus d'une colonisation récente, ou s'ils sont sujets à une dynamique d'extinction/recolonisation. Le taux d'allofécondation moyen de la population est élevé, mais la variation individuelle est importante. Ainsi, un individu a un système de reproduction mixte, ce qui suggère que les barrières d'auto-incompatibilité peuvent être contournées. Le succès reproducteur mâle n'est que peu corrélé à la distance de pollinisation intrapopulation. Par contre, il est corrélé au diamètre du tronc et à l'intensité de floraison. La majorité du pollen (66%) provient de l'extérieur du dispositif. Ces données suggèrent que la structure spatiale de la diversité génétique observée à cette échelle est principalement due à une dispersion limitée des graines, et que les flux de pollen n'ont qu'un impact limité. Le système de reproduction de D. Guianensis est une combinaison d'un flux de pollen à longue distance et d'une tolérance à l'autofécondation.