Le problème philosophique de la conscience chez Dostoi͏̈evski
| Auteur / Autrice : | Sandrine Guignard |
| Direction : | Didier Franck |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Soutenance en 2004 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
Mots clés
Résumé
L'étude propose une lecture de la conscience dans les oeuvres de Dostoi͏̈evski à partir de son intrication originelle dans l'organique et présente le phénomène d'accaparement comme déterminant cette relation essentiellement chosifiante de la conscience par le pulsionnel qui la porte au monde. Cette approche conduit à la dé-construction de toute définition métaphysique de l'homme afin de l'observer relativement à ce qui fonde et anime le vivant : le vouloir aveugle, le Dionysiaque. Cette inscription de la conscience dans la corporéité conduit à lire le sujet dostoi͏̈eviskien comme possédé et à étudier les manifestations de ce caractère monolithique : l'idée obsessionnel, l'état compulsif comme rapports au monde et à l'Autre. Ces différents modes d'expression de ce statut de la conscience remettent en question les notions d'intersubjectivité, d'être-avec et de sens commun pour la conscience chosifiée par l'organique jusqu'à ce qu'elle bute sue Autrui révélé comme résistance organique. Autrui, dans la relation érotique apparaît alors comme l'événement qui désunit la conscience du corps pour une métamorphose par la chair mais indique aussi comme limite à l'être-avec le retrait de la conscience dans l'organique qui signale une solitude ontologique irréductible et indépassable.