La part du surréalisme dans la théorie lacanienne des psychoses et dans l'éthique de la psychanalyse
| Auteur / Autrice : | Jean-Claude Marceau |
| Direction : | Serge Cottet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Psychanalyse |
| Date : | Soutenance en 2004 |
| Etablissement(s) : | Paris 8 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse se propose d'interroger les rapports du mouvement surréaliste avec la pensée de Jacques Lacan, concernant sa conception des psychoses et de l'éthique de la psychanalyse. Nous montrons tout d'abord que si le surréalisme porte un vif intérêt à la folie et à la psychanalyse, sa méconnaissance des idées de Freud n'en est pas moins radicale. Les auteurs surréalistes auxquels se réfère Lacan tout au long de son œuvre apparaissent plutôt comme des dissidents du mouvement : Dali, puis les membres du Collège de Sociologie et de la revue Acéphale, autour de Bataille et Masson. La paranoïa que Lacan pose comme nouveau paradigme fondateur de la psychanalyse inspire également la méthode paranoïaque-critique de Dali et sa critique de la réalité. Mais le stade du miroir développe une théorie hégélienne de la folie qui récuse le merveilleux surréaliste. Du reste, pour Lacan, l'image est à appréhender dans sa dimension signifiante et non comme figure, selon la perspective surréaliste reprise par Lyotard. L'amour fou des surréalistes traduit par ailleurs la recherche d'une complétude qui s'oppose à la formule lacanienne : '' Il n'y a pas de rapport sexuel ''. L'œuvre de Bellmer, autre marginal du mouvement, et de sa compagne Unica Zürn, une artiste schizophrène, constitue une tentative d'articuler la phrase et le corps dans une perspective voisine de l'inconscient structuré comme un langage. La révolte surréaliste toutefois se révèle impropre à soutenir une authentique éthique du désir, telle que Lacan l'articule à propos d'Antigone. Lacan et le surréalisme : une méprise donc, mais qui se révèle fructueuse. Car les surréalistes, à leur insu, ont ouvert la voie au dévoilement du signifiant, dont Lacan nous restitue la logique.