Thèse soutenue

Aristocratie et pouvoir impérial à Byzance

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Auteur / Autrice : Mikaël Nichanian
Direction : Jean-Claude Cheynet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire médiévale
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Paris 4

Résumé

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La recherche porte sur l'étude de l'aristocratie byzantine du 7e au 9e siècles dans ses rapports au pouvoir impérial. Cette étude tente de cerner les contours de la classe dirigeante entre 602 et 843, c'est-à-dire de la mort de l'empereur Maurice au rétablissement officiel du culte des icônes par l'impératrice Théodora. L'aristocratie byzantine des 7e-9e siècles se définit d'abord par son rapport exclusif au pouvoir impérial, par le biais des dignités, des fonctions, des revenus tirés du service de l'empereur et enfin des cérémonies impériales. La spécificité de cette classe dirigeante tient d'abord à sa nature d'aristocratie de service. Elle se définit à la fois par sa fermeture relative aux nouveaux venus et par sa dépendance accrue au service de l'empereur dans un contexte militaire d'expansion du Califat et de crises économique et institutionnelle. Cette dépendance accrue se manifeste d'abord par la mise en place d'un nouveau système de titulature qui fixe le rang d'un dignitaire à la cour et qui le situe au sein d'une grille hiérarchique stricte, liée à l'importance de sa charge, à la faveur de l'empereur et à ses moyens financiers. Ces cadres nouveaux sont destinés à renforcer l'emprise du pouvoir sur le personnel dirigeant dans un contexte d'affaiblissement à la fois de la figure impériale et de l'aristocratie centrale et provinciale. Elle se manifeste ensuite par la mise en place de nouvelles structures administratives dans les provinces et à Constantinople. Les nouvelles régions militaires, les thèmes, sont destinés à mobiliser toutes les forces de l'Empire pour résister aux raids annuels du Califat. Ces nouveaux cadres favorisent l'ascension de grandes familles dans les provinces frontalières, Anatoliques et Arméniaques. Elle se manifeste surtout par la mise en place de mécanismes institutionnels pour mettre un terme à l'instabilité du pouvoir impérial, constamment remis en cause par des complots et révoltes incessants sur toute la période. La deuxième partie de notre étude porte sur l'étude de ces complots et révoltes pour tenter de cerner les causes de cette instabilité du sommet du pouvoir et de saisir ainsi les enjeux de la crise que traverse l'aristocratie des 7e-9e siècles.