Cinéma et pensée
| Auteur / Autrice : | Eric Costeix |
| Direction : | Dominique Chateau |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Arts et sciences de l'art. Esthétique du cinéma |
| Date : | Soutenance en 2004 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Résumé
À la suite de Gilles Deleuze, je me pose la question de la pensée cinématographique. Dans une perspective de '' naturalisation de l'intentionnalité '' des philosophes de l'esprit, je compare les images mentale et filmique. Selon une perspective ascendante, je pars de la perception pour parvenir à la pensée. Dans un premier temps, la méthodologie adoptée est la sémiotique triadique peircienne. Suivant Peirce, mon analyse des images révèle leur structure comme proposition, avec un prédicat commun : l'icône-mouvement. Dans un second temps, j'utilise les sciences cognitives pour '' naturaliser '' ce fondement. Propriété générale exemplifiée dans des substrats comme le film (aspect distal) et dans le cerveau (aspect proximal), l'icône-mouvement est expliquée par l'étude de la mobilité réelle et apparente. Elle justifie '' la pénétration cognitive '', l'accès de la perception aux centres supérieurs de la cognition. Elle déconstruit un concept majeur du cognitivisme : la '' modularité de l'esprit ''. Une pensée visuelle devient possible. Elle s'exprime dans le cinéma fantastique. Dans un troisième temps, mon analyse de l'oeuvre de Carpenter met à jour des figures de l'intellect, détermine des structures intelligentes dans la matière cinématographique. L'auteur réalise les possibilités prédicatives de l'icône-mouvement. Il illustre les rapports existant entre les trois catégories peirciennes : priméité, secondéité et tiercéité. Il nous donne foi à l'image comme représentation de l'infigurable, de la pensée. L'icône-mouvement est réelle, la pensée l'est aussi, à l'encontre des néo-behavioristes. Ces deux prédicats génèrent des images, des propositions mentales dans l'esprit et dans le film.