Thèse soutenue

Effets d'un environnement enrichi sur la susceptibilité épileptique et l'apprentissage dans l'épilepsie expérimentale : implication potentielle de la neurogénèse

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Auteur / Autrice : Romane Auvergne
Direction : Alain RougierGhislain Nicaise
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de la vie
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Nice

Mots clés

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Résumé

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Les épilepsies du lobe temporal constituent la forme d’épilepsie partielle la plus fréquente. Ces épilepsies sont pharmaco résistantes dans 20 à 30 % des cas et peuvent s’accompagner de déficits neuropsychologiques sévères. Elles sont associées à des remaniements structurels importants de l’hippocampe caractérisés par des pertes cellulaires sélectives et une réorganisation es réseaux neuronaux. Parmi les éléments constitutifs de cette neuroplasticité, une augmentation de la prolifération des précurseurs du gyrus denté et de la neurogenèse a été démontrée dans de nombreux modèles expérimentaux mimant la pathologie. Il est généralement admis que ces cellules contribuent à l’épileptogenèse. Cependant, ces données sont controversées et la fonction des cellules néoformées dans ces conditions particulières reste à établir. Le fait de placer des animaux en milieu enrichi induit de nombreuses modifications dans l’hippocampe de rongeurs adultes. Un environnement enrichi (EE) augmente notamment les phénomènes de plasticité synaptique et cellulaire comme la neurogenèse. Un EE peut également améliorer les capacités mnésiques dépendantes de cette structure et favoriser la récupération fonctionnelle et cognitive après différents types d’agression cérébrale chez l’animal, comme des lésions, un traumatisme ou un épisode ischémique. La relation qui uni les modifications d’ordre cellulaire et comportemental reste à préciser mais l’hypothèse d’une implication potentielle de la neurogenèse a été évoquée. Dans le cadre de cette thèse, nous avons recherché si un élevagé en milieu enrichi pouvait influencer différents paramètres associés à l’induction de crises chez le rat adulte dans le modèle kindling et le modèle kaïnate d’épilepsie expérimentale. La susceptibilité épileptique, les performances d’apprentissage et mémoire spatiale, la perte cellulaire et la neurogenèse ont été analysées pour des animaux placés en EE en période pré- et/ou postopératoire ou maintenus en environnement isolé. D’autre part, l’existence de liens potentiels entre des altérations de la neurogenèse, de l’épileptogenèse et de l’apprentissage a été examinée. Nous avons démontré qu’un EE peut exercer un effet anti-épileptogène, neuroprotecteur et neurogène mais ne compense pas les déficits cognitifs associés au développement de la pathologie. Des modifications de la neurogenèse n’étaient pas corrélées à des modifications de l’épileptogenèse ou des capacités mnésiques. Ces résultats impliquent que d’autres mécanismes sont responsables de ces effets et ont permis de suggérer plusieurs hypothèses concernant le rôle des cellules néoformées dans la pathologie.