Thèse soutenue

A la recherche du temps gagné : sens et usages sociaux des règles autour des 35 heures

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Auteur / Autrice : Jérôme Pélisse
Direction : Yves Lichtenberger
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Marne-la-Vallée

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Décision politique visant à briser des blocages vieux de vingt ans en matière de lutte contre le chômage, les 35 heures s’inscrivent dans une histoire ancienne de l’action publique et toujours d’actualité. C’est un cycle législatif dont rend compte ce travail, où s’entremêlent des niveaux d’analyse variés et de multiples contextes économiques, sociaux, juridiques et politiques. En enquêtant auprès des acteurs qui ont élaboré les lois, ont été chargés d’en contrôler l’application, d’aider à leurs mises en oeuvre, et bien sûr de les transcrire dans des accords d’entreprise et de réduire la durée du travail, la réforme initiée en 1998 – 2000 est étudiée dans le cadre d’une problématique attentive à la construction et aux effets sociaux du droit au regard de trois champs de la sociologie : les recompositions de l’action publique dont elle témoigne, les transformations des organisations et des relations professionnelles qui y ont cours et ses effets sur le travail et les temps de travail des salariés. Entrecroisant une démarche évaluative attentive aux changements et aux régulations organisationnels du travail résultant d’un nouvel environnement légal et une approche « constitutive » soucieuse du sens qu’ont construit les salariés autour de cette réforme, cette analyse montre que les perceptions des 35 heures s’ancrent dans des contextes collectifs. La réduction du temps de travail a accru des formes différenciées d’intégration professionnelle, transformant des rapports au travail et à l’emploi mais aussi des consciences du temps révélant des rapports aux règles. Evaluer les 35 heures nécessite ainsi de prendre en compte comment les salariés, dotés d’inégales ressources, ont reconfiguré la normativité ordinaire et la légalité quotidienne du temps de travail, montrant l’ambivalence et les effets différenciés du droit aussi bien sur que dans la société